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Walid Haïdar 20 janvier 2012 22:50

Bonjour Alain.


Je ne suis pas du tout apte à juger de la fraude ou non que constituerait le concept décrit par l’article, mais je suis tout à fait sur votre ligne concernant l’approche rationnelle à adopter vis à vis de ce genre d’annonces, ainsi que sur la profonde dépression qui touche nos sociétés.

Néanmoins, je trouve que vous profitez de certaines vérités pour mettre un tas de choses indûment dans un même panier de saloperies, et ce de façon idéologique.

Le « retour à la nature » comme vous l’appelez, est en effet un pur fantasme, puisque même les fermes les plus artisanales n’ont rien à voir avec l’oeuvre de notre mère la terre, et plus fondamentalement, on est bien obligés de fabriquer des outils pour satisfaire nos natures de flemmards, et pire encore : même les singes utilisent des outils. Ceci étant dit, le BPA n’a-t-il pas des effets prouvés fort nocifs sur plusieurs générations ? Nos méthodes agricoles « conventionnelles » ne travaillent-elles pas très fort à la désertification ? Les substances artificielles par milliers que l’on utilise, que savons-nous de leur impact à long terme, pour les utiliser aussi massivement ? En avons-nous (vraiment) besoin ? N’est-ce pas justement ce mode de vie stupide et coupé de la nature (au sens large, incluant (surtout) notre propre nature) qui nous rend malheureux, ou ce malheur descend-il du ciel d’après vous ? Peut-on faire tout et n’importe quoi, sous prétexte que certains voient trop de danger partout ?
Le fait que le système génère une diarrhée de normes à but lucratif (et dépressif), suffit-il à conclure qu’il faut laisser la bêtise et la cupidité faire la loi, et continuer à jouir de n’importe quoi n’importe comment, sans s’intéresser aux éventuels effets nocifs (à moins que ça ne fasse injure au dieu progrès, indéfectible, et forcément positif, puisque artificiel, autrement dit la connerie inverse de celle que vous fustigez) ? réponse : c’est le système marchand qui produit les normes, mais c’est le système marchand et l’ignorance qui produisent nos montagnes de superficialités. On gère comment les déchets ? en travaillant comme des abrutis dans des usines de traitement pour le plaisir de continuer à consommer des choses inutiles ? En jouant au docteur pour soigner les maladies induites par les déchets toxiques et le surmenage ? La vacuité de nos modes de vie ? Êtes-vous opposé aux progrès possibles de l’organisation de la société, et à l’élévation de la conscience des êtres humains ? Opposez-vous ce progrès à celui des sciences ? Pour moi les deux vont de paire, et de même qu’il y a des dangers dans la nature, il y en a dans les artifices, qui d’ailleurs, à proprement parler, font AUSSI partie de la nature, de même que les hommes.

Pourquoi serait-on obligés de se faire chier à entretenir tous les spécialistes du superflu ? Les publicitaires, les ouvriers de toutes les industries liées à toutes les conneries du monde, les universitaires qui font des études là-dessus au lieu de faire avancer la science et nous épargner encore du labeur : je préférerais payer tous ces gens à dormir et qu’on m’épargne le bruit, les odeurs, et les déchets induits par leurs gagne pains (et en vérité, l’immense connerie induite par tout ce bordel auto-entretenu). 

L’homme avisé s’est toujours organisé pour s’épargner du travail. Je ne vois pas pourquoi on devrais cesser cette quête honorable, si ce n’est pour engraisser des tiers. C’est tout le message d’une authentique écologie : éviter de foutre le bordel, pour s’épargner de tout ranger. C’est d’ailleurs parce qu’on a BESOIN de produire un certain nombre d’outils et de machines toujours plus utiles et efficaces, qu’on a pas intérêt à dépenser des ressources et du temps pour produire de la merde et transporter n’importe quoi. Et si par bonheur ces technologies dont vous parlez étaient démocratisées, elles ne seraient salvatrices que si le peuple s’en saisissait, contre le système marchand qui ne ferait que le dévoyer, avec ses normes à la con et SON IMPÉRATIF de maintenir en esclavage l’humanité. Car c’est bien là la clé : j’en ai rien à foutre de l’énergie illimitée si je suis obligé de continuer à me casser le cul pour entretenir un système qui me fait vomir. Cette énergie « gratuite », elle n’a d’intérêt que si elle me permet de vivre comme je l’entend, c’est à dire de satisfaire mon désir d’autonomie relative, dans un petit village à échelle humaine, avec une grande ferme qu’on entretiendrait à plusieurs familles, et des machines qui font le boulot chiant à notre place, pendant qu’on se concentre sur la théorie (par exemple, l’art de cultiver sans labourer, mais en laissant faire les vers de terre, c’est à dire la vilaine méchante nature du monde binaire des gentils et des méchants), la pratique sympa (un peu d’exercice ne fait pas de mal au contraire), les mathématiques, la poésie, le sexe, l’amour, le rire, le temps avec les enfants, l’enseignement, et autres choses qui ne font de mal à personne, mais du bien à beaucoup. Bien entendu, il y aura toujours des villes plus grandes où on regrouperait de gros moyens pour des écoles et universités, centres de recherches, et usines pour produire les machines de plus en plus bien roulées : et bien plus d’ingénieurs pour cela, puisqu’on aurait plus de métiers inutiles à pourvoir via des formations de merde comme « commercial », par exemple.

Mais si c’est pour continuer à bosser chez macdo (même si ce n’est pas mon cas) et acheter des Iphone sur le dos des petits mineurs africains, je vois pas l’intérêt du progrès.



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