Le système français est malade de certains particularismes : c’est bien en France qu’on pousse à la porte des milliers de salariés à partir de cinquante ans. Or les Français ne sont pas plus fatigués à cet âge que dans le reste de l’Europe. On se défausse sur les préretraites, donc sur la collectivité, et on fait de belles économies car embaucher un jeune à la place d’un employé expérimenté coûte moins cher.
Ce n’est pas pour autant qu’on devrait tolérer un des signes visibles de l’« horreur économique » dans les pays anglo-saxons : des travailleurs âgés obligés de rempiler comme serveurs, femmes de ménage, etc. Mais on pourrait offrir à ceux qui le souhaitent de poursuivre le plus longtemps possible, tout en offrant des retraites décentes à ceux qui ont exercé, dès un très jeune âge, des métiers pénibles. Pourquoi un chef d’entreprise peut-il se maintenir jusqu’à soixante-dix-quatre vingt ans, et on met au rencart des universitaires à partir de soixante ?