Mais c’est une évidence que Mélenchon, Poutou, Joly, Arthaud, vont appeler à voter Hollande s’il est au second tour. C’est ainsi que cela fonctionne à gauche : les candidats qui ne sont pas les mieux placés appellent à voter pour le candidat de gauche le mieux placé. Il ne va y avoir aucune « trahison », aucun « désaveu » ni rien de tel.
L’enjeu à un moment donné était de savoir si le PS continuait à souscrire à cette vision des choses ou non, car des exemples dans d’autres pays (Amérique Latine, Allemagne, etc.) pouvaient laisser envisager que le PS puisse préférer la droite à la gauche sociale conséquente, d’où le refus de Mélenchon de répondre tant que Hollande n’avait pas dit qu’il appellerait à voter Mélenchon si Mélenchon était au second tour et pas lui.
Ceci posé, reste à savoir l’attitude des électeurs eux-mêmes. Et là, justement, Mélenchon a une analyse très fine et très juste : il explique en substance que les électeurs ne se réfèrent plus à des chapelles politiques, et que le report des électeurs des candidats de gauche sur le candidat de gauche le mieux placé n’était plus automatique, qu’il faudrait au candidat de gauche le mieux susciter lui-même les conditions du rassemblement.
Pour ma part, moi, personnellement, j’estime qu’en abandonnant tout progrès social dans son programme, Hollande rend impossible ce rassemblement de la gauche sur sa candidature, et je ne lui donnerai pas ma voix au second tour. J’ai même écrit récemment un article à ce sujet, qui a donné lieu à controverse fort intéressante.