A Alésia, Fillon exalte « l’unité nationale » au terme d’une « semaine éprouvante »
Le 22/03/2012 à 18:27
Le Premier ministre François Fillon, au terme d’une « semaine éprouvante », a exalté jeudi « l’unité nationale », « bien le plus précieux », en inaugurant le MuséoParc consacré à la bataille d’Alésia, et appelé la France à lutter contre la tentation « du repli ».
Prévue de longue date, l’inauguration de ce site liée à un mythe fondateur de la Nation française -le siège de Vercingétorix par les troupes de César en l’an 52 av. JC- a pris une tournure singulière avec les drames de Toulouse et Montauban.
« On peut être frappé que ce mythe soit celui d’une défaite. Mais il est des défaites fondatrices, et la nation française trouve dans ce mythe d’Alésia l’image de l’adversité qui l’a si souvent frappée et dont elle s’est toujours relevée », a déclaré François Fillon.
« Alésia est un symbole de courage malgré l’échec, de rassemblement malgré nos querelles, c’est un message de redressement malgré la défaite », a-t-il ajouté.
Très vite, le chef du gouvernement a fait le lien avec l’actualité dramatique, quelques heures après la mort du tueur au scooter.
« Nous venons de vivre une semaine éprouvante », a souligné M. Fillon.
« Face à la haine, face à l’antisémitisme, la République est implacable parce qu’en réalité c’est son unité qui est en jeu, et ceux qui s’attaquent à elle nous trouverons toujours sur leur chemin », a-t-il enchaîné.
« Notre unité nationale c’est notre bien le plus précieux », a fait valoir le Premier ministre, ajoutant : « Nous devons être plus forts que ceux qui veulent détruire notre pacte. Et nous le serons ! Nous devons être plus forts que la violence, la haine, le racisme, tous ces maux qui salissent le visage de la Nation. Et nous le serons ! »
Exhortant aussi à être « plus forts que le repli », M. Fillon a vanté une nation ouverte, en mouvement.
« La France a une identité, une culture, une essence. Mais rien (...) ne fut jamais figé. Notre nation n’a jamais cessé de se construire, de s’élargir, de s’unifier », a-t-il souligné. « Elle n’a jamais cessé d’embrasser des religions différentes, d’accueillir et d’intégrer ».
Si « la France vient de loin » et si « nous sommes tous un peu gaulois », « je n’oublie pas tous ceux qui depuis plusieurs siècles ont mêlé leur destin à celui de la Nation », a-t-il clamé.
Trois jours après l’attaque de l’école juive, « comment ne pas rappeler que cela fait plus de 20 siècles que les juifs vivent parmi nous, en Français à part entière (...) et avec quels résultats exceptionnels », a-t-il dit.
De la même manière, François Fillon a fait référence au sacrifice des soldats de l’ancien empire coloniale durant les guerre mondiales.
« Oui la Gaule constitue l’un des socles de la France mais célébrons aussi tous ceux qui ont participé à sa construction, à son enrichissement et à sa défense », a-t-il conclu.
Le Premier ministre a brièvement évoqué la question de la localisation du site d’Alésia, que certains historiens placent plutôt dans le Jura.
Elle « est encore à la source de quelques controverses. Mais il existe aujourd’hui un large consensus des historiens pour la situer sur ce site », en Côte d’Or, a-t-il noté.