• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Signaler un abus

morice 2 avril 2012 23:43
morice

exemple 


http://www.culture-et-foi.com/critique/pierre_regnier.htm

Dans la religion hébraïque, exprimée par l’Ancien Testament (AT), les crimes prétendument commis par Dieu ou pour obéir à ses ordres sont très nombreux. Ces ordres y sont eux-mêmes beaucoup plus nombreux que dans le Coran. C’est ainsi que, selon le Pentateuque, l’ensemble des cinq livres fondateurs, Dieu anéantit les cités de Sodome et Gomorrhe (Gen 19, 23), fait tuer tous les premiers-nés d’Egypte (Ex 12, 29), donne l’ordre à Moïse de massacrer son peuple qui a adoré le veau d’or (Moïse plaide pour une moindre tuerie et n’exécute finalement « que » 3000 de ses compagnons) (Ex 32, 21), ordonne l’extermination des Madianites (Nb 31), demande à son peuple de se préparer pour l’extermination des Cananéens (Deut 7-20)… Plus tard, les disciples de Jésus, qui ont vu en lui le Christ, le Messie annoncé dans l’AT, ont longtemps hésité sur l’adoption des Livres sacrés de la nouvelle religion : les Evangiles seulement ou, aussi, les Livres de l’AT ? Ils ont finalement opté pour les deux et, comme pour les juifs qui ont refusé de suivre Jésus, la conception criminogène de Dieu est pour eux restée sacrée.


Chacune des religions étant convaincue qu’elle est la bonne et que les autres sont dans l’erreur, chacune garde donc intactes ses propres raisons de faire la guerre mais « pour la bonne cause », laquelle est décrite par Dieu très différemment, voire sous des aspects très exactement opposés, à chacune des religions. C’est ainsi, pour prendre un exemple vieux de 3000 ans et toujours très actuel, que la terre d’Israël appartient bien aux Juifs puisqu’ils ont lu dans la Bible, sacrée sur ce point comme sur tous les autres, que Dieu la leur a donnée. C’est une justification suffisante à l’existence de l’actuel état d’Israël. Mais, comme le rappelait récemment un représentant du Hamas, c’est aux Palestiniens qu’appartient cette terre, puisqu’ils ont lu dans le Coran, toujours intégralement sacré, que c’est à eux que Dieu l’a donnée. C’est donc bien une raison suffisante pour décréter la nécessité de faire disparaître l’actuel état d’Israël. Chacun peut comprendre que, si rien ne change sur ce point précis, DANS LES BASES SACREES DES DEUX RELIGIONS, les raisons de faire la guerre seront toujours intactes dans 3000 ans.

Malgré de telles certitudes on n’exprime toujours pas, parmi les représentants dits « modérés » des religions, parmi les simples croyants authentiquement pacifiques, ni même chez ceux qui sont PACIFISTES, la nécessité de désacraliser la violence religieuse. Plus curieusement encore, à l’extérieur, les états démocratiques qui accordent les droits et les moyens de pratiquer les cultes, les philosophes, les athées les plus exigeants n’exigent toujours pas que les institutions religieuses rejettent clairement leur conception criminogène afin de rendre leur religion compatible avec les DPH. Je suis bien d’accord avec Abdennour Bidar (qui par ailleurs défend très bien la philosophie, la liberté d’expression et le devoir d’écouter la parole de l’autre) : chez la grande majorité des enfants d’aujourd’hui du prophète Mohamed « et quand bien même celui-ci a été un chef de guerre », « on trouvera l’éducation au partage, à l’accueil, le sens de la générosité, la culture de l’exigence morale envers soi dans une épreuve – le jeûne – particulièrement difficile, la pratique d’une spiritualité douce et vivante » (ProChoix no 38, p.43). Mais CE N’EST PAS LÀ QU’EST LE TRAGIQUE PROBLÈME actuellement posé par les religions et rappelé (mal) par Robert Redeker, à qui A. Bidar écrit sa Lettre ouverte. Ce problème peut se résumer ainsi : ceux des croyants, fussent-ils très minoritaires qui, pour des raisons diverses – et ce qu’elles sont n’a ici AUCUNE IMPORTANCE – cherchent dans les bases sacrées de leur religion des raisons de tuer des êtres humains les trouvent-ils ? La réponse est oui, très clairement OUI.

Et il en est ainsi dans toutes les religions. Il n’y a pas là-dessus de différence essentielle, pas le moindre « choc » entre les civilisations judéo-chrétienne et islamique. C’est très explicitement que des terroristes tuent au nom de Dieu. C’est très explicitement que des textes sacralisés par leur religion font dire à Dieu qu’il commande de tuer. C’est très explicitement que LES PLUS HAUTS RESPONSABLES de ces religions maintiennent qu’il s’agit bien là de la parole de Dieu. C’est là qu’est leur plus manifeste tricherie : ils continuent de prétendre qu’il n’y a qu’un problème d’interprétation DE LECTEUR. Il faut donc obtenir d’eux qu’ils CHANGENT leur interprétation de PRESENTATEURS et D’ENSEIGNANTS, de TRANSMETTEURS, qu’ils affirment désormais très explicitement le contraire de ce qu’ils enseignaient : « Quand il y a appel au meurtre dans nos textes sacrés ÇA N’EST PAS LA PAROLE DE DIEU ». Notre époque, qui affronte incontestablement des problèmes de violences nouvelles – par leur forme, leur intensité, leur complexité – a au moins le clair devoir de transmettre aux générations futures – enfin ! – cette radicale réforme.


marrant c’est du Regnier, qui vient ici régulièrement nous jouer un couplet dès qu’on cause religion....




Palmarès