@ Cool Mel
Je vous prie de considérer ce point : ce que vous appelez les gens de la vraie vie, je les définis quant à moi comme une masse qui achève de perdre les pédales et bascule jour après jour dans la folie et l’anarchie.
A cette fin, comparez cela :
en 1789, un peuple de crève-la-faim et de va-nu pieds fait une révolution pour la Justice et non pour la nourriture ; parce que le problème n’est pas un problème d’ordre économique, de disette, etc. Il est d’ordre éthique et concerne les privilèges : il apparait que la faim, de façon générale le malheur, ne sont pas naturels ; ils sont causés par un ordre, celui établi. Cela s’est avéré exact.
Aujourd’hui, il en est de même : la dimension du problème est d’ordre éthique et certainement pas économique. C’est mettre à côté de la plaque que croire que tout est économique et que la doxa libérale peut engendrer une éthique.
Il faut tout de m^me poser les problèmes correctement : contrairement à 1789, nous mangeons dans l’ensemble suffisamment, notre espérance de vie est élevée, etc, etc. Il y a des infrastructures, etc, etc. TOUT CECI EST LE FRUIT DE 1789.
En revanche, il y a dégradation de tout cela et la cause de cette dégradation, c’est la démolition de 1789 et de rien d’autre. Le libéralisme ne crée rien, c’est un pur destructeur ; il dit toujours ’demain, demain..’ mais la réalité c’est que c’est aujourd’hui, ici et maintenant que la destruction a lieu. Le libéralisme va détruire ce monde et ne va rien engendrer du tout. Il suffit de lever la tête et de regarder : inégalités parce que destruction de l’égalité ; discorde parce que destruction de la fraternité et du sens d’appartenance à la communauté, destruction de la solidarité, etc, etc. Le libéralisme ne va rien créer, aucune société au final. Après un intermède vraisemblablement fasciste totalitaire, - ce sera un passage obligé -, il aura ramené l’humanité à l’âge de pierre.
Pour avoir un aperçu de ce que pût être la condition ouvrière, il suffit de repenser au ’Germinal’ de Zola. L’un des fils Maheu est un ado ; il pousse des berlines de charbon à longueur de journée, 10 heures par jour, 6 jours sur 7. Quasi pas de congés, salaire de misère, etc, etc. Il partira faire son service militaire ensuite, 7 ans à l’époque.
Bien, comparons maintenant avec la condition ouvrière de nos jours. Lorsque l’on travaille, on peut profiter de certains acquis sociaux, on a un salaire décent, etc, etc. [nous sommes entrés dans la dégradation, je précise].
Il n’est tout de m^me pas sorcier de comprendre qu’il y a un problème vis à vis de la valeur travail, qu’est-ce que le travail, à quoi cela sert, etc et c’est mettre encore à côté de la plaque que d’apporter là une réponse strictement économique, emploi, délocalisation, productivité, etc.
Il y a de toute évidence chez l’homme moderne un problème plus large, d’ordre psychologique et ce problème, selon moi, est lié au sens de la vie. Il concerne l’être lui-même [identité] et certainement pas le faire [travail, économie, etc].
Je ne sais pas, il suffit de sortir dehors et de regarder alentour. Personnellement, je ne vois pas de prières de rue et si j’en voie, le phénomène me parait tout à fait marginal par rapport à cela : l’alcoolémie en croissance exponentielle, tous ces gens avec leurs grandes bières très fortes à la main ; le suicide, en particulier chez les jeunes ; les incivilités et la violence qui laisse bien deviner la haine du vivre en commun, etc, etc. Et franchement, votre idée très simpliste du fermer les frontières et virer une poignée d’étrangers, ça me semble une doctrine ridicule pour soigner ce mal profond qui ronge tous nos concitoyens.
La vision de l’homme tel que le libéralisme le veut, Sarkozy la déballe en long large et travail. En résumé une bête de somme qui ne vit, pense et chie que pour le travail. C’est purement effroyable. Que de fois je suis effaré quand je vois jusqu’à des parents massacrer leurs propres enfants, vouloir leur enseigner l’anglais quasi dès le berceau, les forcer à se déterminer dans la fleur de l’âge pour un destin écrit et sans surprise. Tout cela a un nom, cela s’appelle aliénation.
Et le challenge est là : donner un sens à la vie humaine qui le rende heureux de vivre et certainement pas faire du changement cosmétique sur ces conditions de vie présente qui sont insatisfaisantes et haïssables.
Et comme en1789, tôt ou tard une révolte aura lieu parce que l’individu veut vivre tout simplement. Les prémisses purement nihilistes sont là pour lors. Vivre et pas simplement exister, n’être qu’un petit pion ou un numéro administratif interchangeable. Ce que le peuple veut, c’est la joie et elle ne peut passer que par la dignité, certainement pas par l’injure, le mépris, la violence, etc.
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Vous confondez la raison en tant que faculté et la Raison. La Raison, c’est l’idée qu’il n’y a pas de plan, de Dieu, de destin ou de dessein intelligent mais que l’homme crée sa propre vie et ses propres conditions d’existence par l’exercice de son intelligence et l’accroissement de ses connaissances et expériences.
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