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dede 8 mai 2012 01:40
Ni naïf Ni Crédule
@Loatse :
« ma question est : quelle peut être la durée de vie maximale d’une centrale de ce type, sans que ce prolongement augmente dangereusement les risques inhérents à l’usure des pièces principales...(coffrages, enceintes, bassins etc...) ? »

La ’durée de vie’ d’une centrale ne se juge pas au temps passé depuis l’année de sa première divergence, tout comme on ne juge pas de la durée de vie d’une voiture dés que celle-ci a effectué ses premiers tours de piston.

Par définition, une durée de vie d’une centrale n’est pas définie a priori, mais du fait de révisions partielles et de révisions complètes (visite ’décennale’ tous les 10 ans).
A l’issue de visite décennale positive : on considère que la centrale est sure. Puis on repart sur des cycles de révisions partielles jusqu’aux 10 ans suivants.

Mais alors, quels sont les critères qui définissent cet âge fatidique ?
- La définition des composants importants pour la sûreté
- Le vieillissement des matériaux
- La maintenance préventive
- Une gestion documentaire pour assurer la traçabilité (systéme qualité dérivé du milieu aéronautique)
- Une exploitation des composants en-dessous de leurs critères de bon fonctionnement
- Les contrôles non-destructifs
- Les inspections techniques et administratives

Sur quelles bases fixe-t-on ces critères ?
- Essentiellement sur des études et des essais de fatigue dés la conceptions des milliers de pièces.
- Le cycle de vie de chaque piéce (défini par les études et essais de fatigue)

Que peut-on changer ?
- Tout, sauf la cuve et les enceintes de confinement. Le vieillissement de la cuve est assuré par la disponibilité d’éprouvettes logés dans la cuve. Ces éprouvettes sont extraites et une analyse métallographique est réalisée. Ces éprouvettes sont le reflet du vieillissement de l’acier de la cuve. C’est un des critères qui peut justifier l’arrêt d’une centrale. Le vieillissement de l’enceinte de confinement est assuré par son taux de fuite résiduelle. On comprime l’air à l’intérieur à plusieurs fois son taux de compression normal et l’on regarde son taux de fuite. C’est un des critère qui peut justifier l’arrêt d’une centrale. Ces essais sont le reflet du vieillissement des bétons qui permettent d’assurer la conformité de la 3éme barriére de confinement (la première barrière est l’enveloppe du combustible, la deuxième l’ensemble du circuit primaire).

Dans tout cela, ce qui importe c’est la qualification des milliers de pièces qui composent une centrale nucléaire.
Cela repose sur des règles, codes et normes, notamment les RCCM.

En parallèle de cela, sont étudiés en labo de recherche depuis plusieurs dizaines années, les vieillissements, les usures, les fatigues et les contraintes de ces différentes pièces.
On simule à l’aide de codes de modélisation puis on fait des essais aux conditions les plus extrêmes (au-delà de la valeur nominale de fonctionnement).
Les retour d’expérience établis de ces essais permettent d’affiner ou de corriger les codes (cycle).
On complète tout cela avec les avancées technologiques acquises dans les différents domaines de recherche, de la réglementation et de l’évolution des techniques et des procédés.

A partir de là on sait dire que telle ou telle pièces aura une durée de vie de x années ou x cycles de fonctionnement en réacteur.

Les autres critères sont les contraintes extérieures : séisme, inondations, mouche qui pète, etc...

Une centrale est ce qu’elle est au moment où on la conçoit, on la construit, on l’exploite, on l’entretien.
En même temps, tout ce qui gravite autour évolue et a un impact sur tout cela : réglementation, sûreté, techniques, recherche,...et on fait avec en adaptant.

Par exemple, un autre critère qui pourrait justifier l’arrêt d’une centrale (Fessenheim) serait l’impossibilité technique de pouvoir réaliser un renforcement du plancher béton sous le réacteur selon le cahier des charges défini par l’autorité de sûreté.



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