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Stupeur 21 mai 2012 22:05
Stupeur

Ah, voir Vienne et mourir... ou Venise, ou Prague, ou Naples, je ne sais plus...


 « il est totalement absurde de penser qu’il va se produire, à un moment quelconque dans les jours suivants, un échange déterminant précisément devant la fenêtre et dans la bouche d’interlocuteurs complaisamment tournés du bon côté. Probabilté très proche du zéro !  »

Si, si, j’insiste, après un 3ème visionnage, le verdict est tombé : l’histoire est vraisemblable, en tout cas beaucoup plus que d’autres films d’Audiard, comme « De battre mon coeur s’est arrêté », ou « Un prophète »...

On reprend depuis le début. 
Quand Paul vient conduire une bouteille de champagne dans l’appart, son patron et deux hommes sont en discussion autour d’une table basse (placée devant la double porte-fenêtre). 
Paul reconnait un des deux types : un « braqueur » qui a fait de la prison en même temps que lui. 
Donc déjà, à ce moment-là, Paul (lui même braqueur) peut légitimement penser que les 3 gaillards sont en train de préparer un coup. Et il se trouve qu’ils discutent de ça autour d’une table basse placée devant la porte-fenêtre. Quand il sort sur le parking, on « voit » le tilt qui se fait dans sa tête en s’paercevant que le toit d’en face serait un bon point d’observation donnant sur la porte-fenêtre (et la table basse autour de laquelle les types discutent...) 
Paul sait que Carla peut lire sur les lèvres. On voit deux ou trois plans dans la première partie du film, suggérant que Carla arrive à lire sur les lèvres de personnes qui discutent, de profil. Donc si les types ne sont pas complètement face à elle en train de bien articuler, elle peut quand même comprendre, au moins une partie de ce qui se dit. Et ça tombe bien, c’est juste ce que voudrait Paul : être quasi sûr que les types préparent un casse dans les jours qui viennent, en saisissant quelques mots clés, dates, ou noms, dans leurs rendez-vous nocturnes. 
A partir du moment où le coup semble proche d’être exécuté, la surveillance sur les toits sert plutôt à repérer le moment où le casse a eu lieu.
En fait, tout se déclenche vraiment quand Carla voit (avec ses grosses jumelles smiley ) le patron rentrer à 5 heures du matin avec deux sacs noirs. Là on sait que le casse a été fait et que ça valait le coup de rester en planque sur les toits...
Pour tout ça et bien d’autres choses que je n’ai pas le temps de détailler (j’ai un avion à prendre pour rejoindre le Metropolitan Opera smiley ) on est vraiment très loin d’une délirante invraisemblance. Ou alors à ce moment là il faut considérer que tous les films de « gangsters » sont invraisemblables : Scorcese (Casino, Les affranchis...) en premier lieu... 
 smiley 
Moi aussi, en regardant le film pour la première fois j’ai eu un gros doute. A la deuxième ça passait déjà mieux. A la troisième je m’aperçois qu’il restait quelques zones d’ombres qui sont maintenant dissipées. Bon, j’envoie tout ça à Jacques Audiard pour postuler comme attachée de presse. En enlevant le passage sur l’invraisemblance de ses autres films, bien sûr. smiley 
 



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