Bonsoir Marc,
Merci pour votre commentaire.
Concernant l’euro, vous n’avez pas tord, il risque effectivement de baisser et cela sera favorable à nos économies. Mais je pense que vous exagérez largement. Même s’il baissait de 30%, ça ne durerait certainement pas. Et l’Allemagne ne tolèrerait pas un euro aussi bas bien longtemps.
En revanche je suis en désaccord en ce qui concerne la sortie de la Grèce de la zone euro : ce serait une très bonne chose pour elle. Un Etat ne fait pas faillite, il fait défaut, c’est différent. Il n’existe pas d’exemple dans l’histoire où un Etat se soit trouvé mal parce qu’il a fait défaut, c’est-à-dire parce qu’il a cessé de rembourser sa dette. C’est même exactement le contraire, l’abolition de la dette est une excellent chose pour les Etats et ils ne s’en portent que beaucoup mieux.
Le rétablissement de la drachme aura pour conséquence une reprise très rapide de la croissance en Grèce. De plus, les Grecs s’en sortiront mieux que tous les autres, car ils seront sortis en premier de l’eurozone. Comme disait Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie : « Les Etats qui en sortiront les premiers seront ceux qui s’en sortiront le mieux ».
Une sortie de la Grèce de la zone euro implique, selon les traités, une sortie de l’Union Européenne, mais pas une sortie de l’espace Shengen, qui est une construction à part (certains Etats membres de l’UE ne sont pas membres de l’espace Shengen et certains Etats non membres de l’UE sont membres de l’espace Shengen).
Les Grecs ne voteront pas mal en Juin, ils voteront contre l’austérité, contre le pillage de leur pays par les financiers, contre l’eurofascisme, contre la troïka, contre la dictature. Ils voteront pour la liberté et la souveraineté et en cela ils se feront énormément de bien et rendront un grand service à toutes les nations d’Europe.
Quant à votre inquiétude sur la sécurité de l’Europe et les « divers risques politiques graves », elle me fait rire. Je vous suggère de lire la deuxième partie de mon article. La troïka a déjà amené le chaos et le fascisme en Grèce. Se débarrasser de la troïka ne pourra faire que le plus grand bien à tout le monde.
Et non la Grèce ne sera pas un « ancien pays riche » mais peut-être bien un « nouveau pays riche ». Tout dépend ce qu’on appelle un pays riche. Il peut y avoir quelques individus très riche dans un pays avec une population globalement assez pauvre. C’est le cas en France et en Allemagne. 
Vous dites : "de nombreuses entreprises sont compétitives face aux entreprises
chinoises sans avoir des salaires alignés sur les ouvriers chinois." Mais tout le textile, par exemple, est produit en Chine. Et maintenant on commence même à le délocaliser dans des pays où la main d’oeuvre est encore moins chère. Même si les délocalisations se font ailleurs qu’en Chine, le problème pour la Grèce et l’Europe restera le même.
Cordialement.