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RBEYEUR 4 juin 2012 16:43
RBEYEUR

On s’étripe comme des écorcheurs entre partisans de mimolette et de baudruchon, mais il suffit de dire que l’un ou l’autre pourrait être inférieur à Nicolas Sarkozy pour que ce soit l’union sacrée…

Et si l’on départageait mimolette et son prédécesseur à l’odeur ?

Basons-nous sur l’axiome selon lequel lorsque l’un des passagers d’un avion dégage une puanteur manifeste cet avion et tous ses passagers puent
Pour cela, remplaçons l’avion par le pouvoir et les passagers de cet avion par les ministres de ce pouvoir….
Dans ce schéma olfactif, je choisis celui qui, à mon sens,  pue le plus dans le gouvernement de mimolette, à savoir Laurent Fabius, Ministre des affaires étrangères.

Il fut premier ministre du 17 juillet 1984 au 20 mars 1986.

C’est dans cet exercice qu’il devenait comptable du pire des scandales qui ait pu déshonorer un pouvoir politique : le sang contaminé.
Durant cette période, plus de 95% des transfusés, en particulier les hémophiles, furent contaminés par le sida, c’est-à-dire, des milliers de morts qui furent victimes d’une thérapie criminelle administrée sous contrôle de notre système de santé et remboursée par la sécurité sociale… 

LES FAITS

La toute première information faisant un lien entre les transfusions sanguines et le sida date de janvier 1984.

Le Professeur Jacques Roux, Directeur Général de la Santé, avait diffusé, dès le 20 juin 1983, une circulaire interdisant la collecte de sang chez tous les sujets à risque, parmi lesquels figurent les détenus et les homosexuels.
Nonobstant, une circulaire de Myriam Ezratty, directrice générale de l’administration pénitentiaire, demandait aux directeurs régionaux et aux directeurs des centres pénitentiaires d’augmenter la fréquence des prélèvements de sang dans les établissements pénitentiaires, jusque-là limités à deux fois par an…
Le 10 juin 1985, le comité de coordination de la santé en milieu carcéral décida de ne pas arrêter ni de suspendre en aucune façon les prélèvements sanguins réalisés en établissements pénitentiaires.

C’est sous la pression de l’opinion publique que
Laurent Fabius décida, par arrêté du 23 juillet 1985, du dépistage obligatoire des donneurs de sang à compter du 1er août 1985.
Á cette date, 95 % des hémophiles étaient déjà contaminés…

L’utilisation par les hémophiles de produits sanguins chauffés, donc débarrassés du virus du sida, paraissait indispensable dès le printemps 1985.
Mais les stocks infectés continuèrent à être distribués jusqu’à épuisement du stock et….. remboursés par la sécurité sociale.
Les produits débarrassés du virus du sida furent réservés aux hémophiles séronégatifs tandis que ceux restant infectés furent destinés aux hémophiles séropositifs.
Cette surcontamination provoqua une évolution rapide de la maladie chez ces derniers.

Ce drame fut évoqué en août 1986 par la publication d’un rapport du CNTS (Centre National de Transfusion Sanguine), affirmant qu’un hémophile sur deux avait été contaminé, soit près de 2 000 personnes.
Mais on ne peut qu’émettre de très sérieux doutes sur cette information qui émanait d’une institution dirigée par Michel Garretta, condamné le 23 octobre 1992, es qualité de directeur du CNTS, à quatre ans de prison ferme et 500.000 Francs d’amende pour « tromperie et non-assistance à personne en danger ».
Cette condamnation intervenait malgré que tout fût tenté par le premier ministre
Laurent Fabius et le Président de la République François Mitterrand, pour préserver ce fusible sensé les protéger...
C’est dans cet objectif qu’ils lui attribuèrent la légion d’honneur en décembre 1990.
Ce fut Mitterrand en personne qui se chargea du cérémonial puisque Claude Evin, le ministre de la santé de l’époque, refusa tout net de le faire.
Notons, qu’au moment de ce cérémonial, Michel Garretta était parfaitement et judiciairement convaincu de sa responsabilité dans les processus de contamination, ce qu’absolument personne n’ignorait au moment de la remise de cette légion d’honneur, particulièrement le duo F
abius/Mitterrand… 

Une censure de plomb empêche, encore aujourd’hui, la moindre évaluation réelle et sérieuse des victimes directes, induites et collatérales de cette monstrueuse affaire.

L’INTERVENTION DE LA « JUSTICE »

Le fusible Michel Garretta ayant été grillé par sa condamnation prononcée le 23 octobre 1992, cela sentait vraiment le roussi pour Fabius/Mitterrand.
Mais l’incroyable génie manipulateur de Mitterrand fournit la parade en mettant en place cette formidable imposture judiciaire qu’est la CJR, Cour de Justice de la République.
Elle fut créée par la loi de révision constitutionnelle du 27 juillet 1993 (articles 68-1 et 68-2 de la constitution) et organisée par la loi organique du 23 novembre 1993, dans l’objectif de dédouaner le pouvoir.

Fabius aurait dû être jugé en droit commun comme le fut Michel Garretta,
Mais la CJR, ce faux-nez judiciaire imaginé par Mitterrand et mis en place en un temps record, se substitua très opportunément à la juridiction de droit commun pour exonérer
Fabius de toute responsabilité.

Mais voyons d’un peu plus près cette merveille d’imposture judiciaire rédhibitoirement vomie par tous les juristes dignes de ce nom…

La CJR est composée de quinze juges : douze parlementaires et trois magistrats de la cour de cassation.
Ces trois magistrats composent la commission des requêtes et la commission d’instruction.
Ce sont donc eux qui statuent sur la recevabilité des affaires et assurent l’instruction de celles qui sont reçues.

En conséquence, l
e 17 juillet 1998, la commission d’instruction de la CJR (les magistrats) renvoyait Fabius devant la CJR du fait de la mort de trois personnes, et de la contamination de deux autres.
Dans l’instruction menée par ces mêmes magistrats, il était apparu que Fabius, alors premier ministre, avait appris le 29 avril 1985, par son conseiller industriel Jacques Biot, que le test de dépistage du sida développé par l’institut pasteur, « Diagnostics Pasteur », pouvait prendre une large fraction du marché national à condition que fût mise en place « une gestion astucieuse du calendrier », ceci du fait d’un retard de mise à disposition de ce test français par rapport au test américain Abbott…
.
On en était pas à quelques centaines de contaminés de plus… 

Nous savons ce qui résulta du renvoi de
Fabius devant la CJR.

Celle-ci étant constituée de douze parlementaires et de trois magistrats et la décision étant prise par la majorité absolue d’un vote secret, on ne peut que constater une situation de « juge et partie » de par l’écrasante majorité des parlementaires…

En effet, l’introduction de l’affaire et son instruction furent prises en charges par des magistrats, impartiaux par définition, tandis que le jugement fut prononcé par des parlementaires qui, en tant que tels, sont en affinité avec l’accusé à différents égards.

Fabius fut donc déclaré blanc comme neige…

Mais quel est donc la nature de ce pouvoir qui défèque sans aucune honte sur l’axiome d’Aristote : « Plus on est haut plus on est responsable, plus on est responsable plus on est coupable. » ? 

N’est-il pas d’une extrême infection que d’approuver l’indélébile ignominie de l’affaire du « sang contaminé » et la honte judiciaire de la Cour de Justice de la République, en intégrant l’acteur direct et indirect de ces faits : l’ex premier-Ministre Laurent Fabius  ?  



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