Un excellent site, http://gen4.fr/, aux articles très rigoureux et détaillés, dont certains font froid dans le dos :
extrait :
Tepco utilise toujours un système de secours afin de refroidir le bassin n°. 4 et cette installation n’en est pas à son premier dysfonctionnement : le 12 avril dernier, une fuite de skimmer avait déjà perturbé le refroidissement du bassin n°. 4, la température de ce dernier ayant alors atteint plus de 55° C. Le fait que le système secondaire ait refusé de fonctionner n’est pas non plus fait pour rassurer les observateurs... Tous ces kilomètres de tuyaux posés à la va-vite, ces centaines ou milliers de raccords, des systèmes de commande fragiles, la radioactivité partout... Rien n’est décidément fait pour rassurer dans ce contexte ; en fait, seul Tepco reste résolument optimiste et même un peu « cavalier » sur les redondances et la sécurité globale d’un chantier déjà fortement compromise.
Il ne faut pas se leurrer : en cas de sur-accident, dès que Tepco sera nationalisé (concrètement, vers la fin juillet) tout pépin futur retomberait directement et avec fracas sur le dos du gouvernement aussi il serait grand temps pour ce dernier de prendre le taureau nucléaire par les cornes...
Un des pires scénarios envisageables : une fuite importante sur le bas du bassin n°. 4
Le bassin était rempli et sa température tournait aux environs de 35° C lors de la panne récente. Si l’on tente d’imaginer les pires scénarios possibles, si l’on excepte « l’effondrement » total ou partiel de la structure supportant la piscine, le deuxième pire scénario serait une fuite importante sur la partie inférieure du bassin : une fissure serait difficilement colmatable du fait de la radioactivité toujours importante de l’eau contenue dans le bassin (100 kBq/l de Césium en septembre 2011) et qui s’aggraverait en outre rapidement dès que le combustible commencerait à se dégrader.
Tepco ayant modifié les paniers ouverts par des paniers fermés afin de stocker toujours plus de combustible en piscine, il est impossible que ces derniers se voient « refroidis » par une convection naturelle d’air dès que le haut des paniers commence à se découvrir, les paniers étant hermétiques sauf sur leurs extrémités inférieure et supérieure. Le phénomène de réaction thermique aurait même paradoxalement tendance à s’emballer tant qu’il resterait un fond d’eau dans la piscine, la circulation « naturelle » d’air ne se rétablissant finalement qu’une fois le bassin complètement vidé et le bas des paniers définitivement exposé à l’air.
Cette idée de paniers « fermés » est un non-sens complet sur le plan technique, le tout ressemblant plutôt à un grille-pain qu’à un échangeur thermique intelligent ; les ingénieurs ont probablement dû composer avec les actionnaires de Tepco et tout le monde sait que dans ce cas, la technique - et la sécurité - ne pèsent pas lourd face à une progression de résultat financier qui doit impérativement comporter deux chiffres.