@ CHALOT
En ce qui me concerne, je ne suis pas communautaristes, je ne suis pas islamistes, je ne suis pas bobos gauchos, je ne suis pas homophobe, je ne suis pas catholique, je ne suis pas intégriste, je ne suis pas xénophobes ni antisémite et je ne suis pas à Riposte Laïque.
Par contre, c’est vrai, je suis antisioniste. Mais ce n’est pas en vertu de mon antisionisme que je refuse de soutenir Caroline Fourest, comme je l’ai expliqué un peu plus haut.
Alors, vous dites que vous trouvez « dangereux pour la démocratie » que des islamistes aient perturbé la tenue du discours de Caroline Fourest. J’entends bien votre défense de principe, qui, si nous étions en démocratie, ferait peut-être sens (avec des nuances, toutefois). Mais nous ne sommes pas en démocratie. Au mieux, on peut appeler le régime français un »gouvernement prétendument représentatif« (sachant que ’démocratie représentative’ est un oxymore : par définition, la démocratie - pouvoir du peuple, par le peuple - ne peut pas être ’représentée’ ...). Et pour parler vrai, c’est une oligarchie ploutocratique déguisée en démocratie, dont le masque se craquelle un peu plus tous les jours (vous avez du vous en apercevoir, au moins un peu).
Aucune démocratie ne repose sur l’élection de candidats (même avec le suffrage universel), car le système électif, par définition, est oligarchique (élection et élite n’ont pas la même étymologie pour rien > élites = les meilleurs = aristos en grec ...). Carl Schmitt l’exprime en ces termes, très mesurés : « L’élection peut être une méthode démocratique si les élus sont traités comme des agents, des commis ou des serviteurs. Mais elle peut aussi être aristocratique si les représentants sont indépendants dans le sens accordé à ce terme par la théorie constitutionnelle, c’est-à-dire s’ils ne sont pas liés par des instructions ou des mandats impératifs ».
Depuis la révolution, et au travers des cinq réformes constitutionnelles que la France à connu, jamais aucune mesure visant à lier les élus à leurs promesses n’a été prise. Et pour cause : nous avons toujours eut l’inconscience de laisser les élus et les magistrats écrire la Constitution. Une Constitution qu’ils devraient craindre, puisque sa fonction première, essentielle en démocratie, est de limiter les pouvoirs, de faire en sorte que les personnes ayant du pouvoir en aient peu, pour pas longtemps, et n’en abusent pas. Lorsqu’ils s’emparent ainsi (en partie à cause de nous, nous ne devrions pas les laisser faire, moins encore les plébisciter d’une quelconque manière), de la rédaction de la Constitution, ils sont en flagrant conflit d’intérêt.
Donc, nous ne sommes pas en démocratie, et la défense de l’iségoria, bien qu’étant une valeur noble dans une démocratie, est dévoyée par les nervis de l’oligarchie en place, dont - volontairement ou non - Caroline Fourest fait partie. Par maladresse ou par volonté sournoise, elle sert objectivement le « diviser pour mieux régner » qui, de tout temps, a été l’arme de la minorité dominante sur la masse dominée.
Cordialement,
Morpheus
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