Ben si vous êtes contre la monnaie forte vous ne devriez pas être opposé aux dévaluations...
Actuellement nous avons en France une monnaie qui est encore trop forte pour notre économie, donc vous conviendrez qu’il est nécessaire de la dévaluer. Et comme cette monnaie a l’inconvénient de ne pas être vraiment la nôtre, puisque nous la partageons avec 16 autres pays, qui n’ont pas tous besoin ou envie d’une monnaie dévaluée, voir de dévaluer leur monnaie plus qu’il ne serait nécessaire pour nous français, le mieux est de revenir aux monnaies nationales.
En cas de dévaluations, c’est le prix des produits importés qui augmente, pas celui des productions nationales, et c’est justement l’intérêt de la chose : faire gagner en compétitivité les productions nationales. Donc il y a peu de chances pour que votre baguette augmente de façon inconsidérée, vu qu’elle et ses ingrédients sont produits en France. Il y aura, au pire, une légère répercussion de l’augmentation du prix du pétrole (importé et payé en $) sur celui de la baguette.
Enfin, il me semble que vous vous acharnez à vouloir défendre un coupable évident. La principale tare de l’euro n’est pas celle qui fut le plus rapidement visible, à savoir l’inflation due aux arrondis faits par les commerçants à leur avantage, que tout un chacun a pu ressentir désagréablement, mais le principe même de vouloir faire adopter une monnaie unique à des pays dont les modes de fonctionnement et les intérêts sont incompatibles. La crise de la dette que subissent les pays méditerranéens de la zone euro est justement le résultat de ces divergences. A monnaie égale ils perdent toute compétitivité contre des pays comme l’Allemagne, et la BCE leur a confisqué l’imprimante à biftons. Si avant l’euro le Mark valait 1000 Lires c’est qu’il y a avait une raison qui n’a certainement pas disparu d’un coup de baguette magique en instaurant l’euro. Certains ont donné l’illusion avec des bulles spéculatives (immobilier en Espagne), mais à la retombée du soufflé, patatras... Pour qu’une zone monétaire tienne il faut que ses composantes les plus riches financent de façon permanente les composantes les plus démunies, or en zone euro, les pays les plus riches n’ont visiblement pas envie, et peut-être même pas les moyens, de financer les pays les moins compétitifs.
Pour sauver leur construction monétaire aberrantes du poids de ces tares congénitales, la divergence profonde de ses membres, les dirigeants de l’ue sont en train d’affamer des pays entiers. D’abord la Grèce, puis le Portugal, l’Espagne, puis l’Italie, nous ensuite... Si nos gouvernants n’ont pas la clairvoyance de sortir la France de l’ue avant que ce soit vraiment notre tour.