Bonjour,
après une belle introduction, vous demandez pourquoi la forme animale de la terre mise en mouvement par le créateur ; et pourtant, plus loin, par le rapprochement avec Sumer, vous donnez au fond la réponse, puisque sumer, jusqu’aux chaldéens, fut la première à porter au plus clair des mythes d’union très ouvertement sexualisée entre ciel et terre, donnés comme fécondation par la pluie, et qu’on retrouvera aussi ouvrant la théogonie d’hésiode parmi d’autres.
Ensuite, il me semble que si soleil et lune sont représentés en reflet dans les eaux, c’est d’abord question d’intelligence oui, mais d’intelligence du ciel : Cette vision n’aurait rien d’énigmatique par rapport à une « méconnaissance du miroir », pour la raison que jusqu’à ce jour, et depuis des lustres (c’est le cas de le dire), la lune est tenue pour commander le signe du Cancer (pensé comme miroir, et miroir des âmes, porte même de l’incarnation), et le Soleil pour commander le signe du Lion.
Or ces deux signes zodiacaux sont accolés et - en tenant compte ou pas la précession des équinoxes - à l’époque même de ces sculptures, c’est bel et bien la voie lactée qui passe entre les deux, conçue comme fleuve, eaux, lac, etc.
Les représentations d’Hercule tétant la voie lactée, ou encore le fragment de Parménide sur le lait universel de la voie lactée, ou même, encore et surtout, ce très célèbre vers d’Apollinaire « Voie Lactée, ô soeur lumineuse des blancs ruisseaux de Chanaan... » - tout cela suffit pour reconnaître dans ce grand fleuve médian entre les deux astres commandant des deux signes luni-solaires, le lac des reflets dont il serait ici question.
Je trouve plus hâtive par contre votre lecture et interprétation très politicienne du mythe d’Adam et Eve.
Enfin il est difficile de saisir, pour le touriste tout-venant, en quoi et comment Gergovie devient la Marie du Protévangile.