Mamère ne fait que confirmer ce que toutes les agences de renseignement occidentales savent depuis de longues années mais feignent d’ignorer pour toutes sortes de raisons plus ou moins avouables. Dans la société tribale-féodale mauritanienne (une société qui pratique allègrement l’esclavage domestique et la traite des êtres humains), les tribus sont hautement spécialisées chacune ayant son ou ses trafics, et toutes sont à vendre au plus offrant. Par exemple la Mauritanie est l’un des meilleurs clients de Philip Morris International et, à en croire les chiffres, ce pays misérable de trois millions et demi d’habitants est la patrie des plus gros fumeurs au monde (chaque mauritanien, homme, femme et enfant fumerait plusieurs cartouches de cigarettes par jour). En réalité, la Mauritanie est la plaque tournante du trafic de Marlboro vers l’Europe du Nord (des conteneurs maritimes de Marlboros mauritaniennes sont régulièrement interceptées par les douanes européennes), mais aussi le fournisseur préféré des véhicules tout-terrain (en particulier Nissan) du Polisario, des islamistes et des contrebandiers (des groupes aux contours changeants en fonction d’alliances circonstancielles). C’est aussi une plate-forme de ré-expédition vers l’Europe (via l’Algérie) de narcotiques en provenance d’Amérique latine via l’Afrique de l’Ouest (cap Vert, Guinée, Guinée-Bissau, Sierra-Leone, Liberia, etc). Comme Lisbonne pendant la seconde guerre mondiale, Nouakchott est un nid poussiereux d’espions et de trafiquants en tout genre et donc un important marché pour la collecte et l’échange de renseignement, ce qui expliquerait pourquoi les missions diplomatiques occidentales font semblant de ne rien voir.