Merci pour cet example très réaliste
Quand mon premier enfant est né, j’était un jeune cadre à 2000 euro (j’ai commencé à 1600). Je n’avait le droit à aucune aide, ni APL, ni aide pour l’enfant, rien pour la crèche. A cause de mon salaire de « salaud », la crèche demandait les 2/3 du salaire de caissière de ma femme. Le dernier tiers ne suffisait pas à payer les nourrices pour combler la différence entre les heures d’ouvertures et ceux de nos emplois. Alors elle s’est arrêté de travailler’, car mon emploi avait du potentiel. Elle n’a pas eu de congé de parental, car elle avait changé d’emploi (pour me suivre) juste avant de savoir qu’elle était enceinte... Comme quoi on fait aussi des enfants par amour et non par calcul.
Aujourd’hui j’ai 3 enfants, je gagne 3000 euro par mois et je suis exilé à 80 Km de mon travail à cause du prix du logement. Les allocs ne paient pas les crédits que j’ai contracté pour arrivé à joindre les deux bouts le temps de regagner l’argent perdu par l’arrivé de ce premier enfant. (et oui, le loyer ne s’adapte pas, et les impôts ne baissent pas tout de suite)
Tout ça à coup de sacrifice du style "t’es cadre, t’a pas horaire, tu bosses et tu la ferme même si tu part à l’étranger 2 à 3 semaines par mois, et pis t’a qu’a t’acheter une webcam si tu voir tes gosses
J’ai toujours assumé, mais payer de plus en plus pour me faire insulter pour la seule aide que je perçois ça devient dur. Les cadres ne sont pas tous des fumiers nantis. La seule chance que l’on peut me reprocher a été d’avoir eu à la fois les moyens intellectuels, la motivation et l’opportunité de le faire.
La justice social ne s’est pas occupée de moi, quand je vivais dans un entrepot désaffecté, et que j’utilisai mon salaire pour m’acheter des livres de formation, que je lisais
à la lueur des lampadaires de la rue en rêvant de d’une avenir joyeux pour fonder une famille.
J’aurai surement mieux fait d’aller voir une assistante sociale pour pleurer au lieu de m’esquinter à construire mon avenir. J’aurai certainement moins de salaire, mais moins de dettes, moins de stress. J’aurais mieux vécu, j’aurai eu plus de présence pour ma famille. Et surtout, ceux qui faisait la Java quand je trimait comme un chien ne viendraient pas lorgner sur ma gamelle au nom de la sainte Justice Sociale en me vouant aux gémonies.