Au risque d’en surprendre certains et d’en
révulser d’autres, cette affaire de licenciement relève du droit social et non
des rapports entre l’ État et les citoyens.
J’explique :
A nouveau, il y a confusion des genres dans l’esprit de soi-disant
« penseurs laïques ».
Pourquoi assimiler les crèches publiques (qui
relèvent des municipalités) et les crèches associatives qui relèvent du droit
privé ?
Faire croire aux citoyens qu’il n’y a
aucun danger pour la laïcité à confier des missions de service public à des
associations (loi 1901) de droit privé, c’est pourtant tromper les
citoyens.
Les « délégations de service public »
débouchent partout sur des privatisations !
C’est le cas des crèches mais également des
piscines publiques.
Certaines associations communautaristes
voudraient imposer des horaires séparés pour les hommes et les femmes dans les
piscines.
Lorsque la piscine est publique, la mairie
peut s’opposer à cette « discrimination » et, devant les revendications
communautaristes, s’appuyer sur le fait qu’il s’agit d’une piscine publique et
arguer de l’arsenal législatif de la République laïque.
Dès lors qu’il y a un projet de « délégation
de service public » pour une piscine municipale ou pour une crèche, au
profit d’une filiale (quelle qu’elle soit) ou d’une association, le DANGER
communautariste se pointe !
Face au communautarisme une seule
revendication :
NON AUX DELEGATIONS DE MISSION DE SERVICE
PUBLIC !
MUNICIPALISATION DE TOUS LES SERVICES RELEVANT
DE LA PETITE-ENFANCE !
Voilà pourquoi je soutiens que les soi-disant
laïques, qui se situent sur le terrain « associatif » des délégations de service
public se montrent inconséquents et abandonnent dans les faits le terrain de la
laïcité institutionnelle.
Pourquoi ?
Remplacer les services publics par des
associations « laïques », ce n’est pas innocent.
C’est ouvrir la voie à la
« pilarisation »* que l’on connaît en Belgique, Pays Bas... où les
pouvoirs publics subventionnent les associations (laïques et religieuses, avec
des clauses de prétendue « transparence ») pour remplir des missions de service
public.
Appliquée en France, la « pilarisation »
serait en réalité l’application du Concordat napoléonien de 1802.
Ce n’est pas la Loi de La République
Française de séparation des Églises et de l’État !
*La « pilarisation » (du
néerlandais « verzuiling »), employé dans un contexte politique,
fait référence à un système d’organisation sociale et politique existant en
Belgique et aux Pays Bas.
Ce système politique trouve son origine aux
Pays Bas où il fut mis en place par Guillaume d’Orange.Protestants, Catholiques
et Juifs en constituaient alors les trois « piliers », chacun
s’organisant selon ses usages.