Bonjour l’auteur,
Je n’ai pas lu votre « avant-propos » comme une injonction paradoxale mais comme un trait d’humour destiné à faire fuir les fâcheux…
Comme quoi, vous avez raison, la pathologie (négative) et la créativité (positive) se cachent dans la double contrainte.
Sinon, je trouve vos articles parfaitement d’actualité. Quiconque se met à observer la communication dans laquelle il baigne perçoit un système en plein dérapage.
Le pont « épistémologique » entre les processus intra- et interpsychiques que vous avez choisi sous l’angle de la communication paradoxale, me semble très pertinent. Le déchiffrement des stratagèmes de manipulation rhétorique est un de mes dadas. Sans doute pour les mêmes raisons que vous : la compréhension des mécanismes à l’oeuvre dans la manipulation « est l’une des conditions sine qua non pour sortir de l’âge de la barbarie communicationnelle » (Morin).
Le problème est qu’on en est très loin, et qu’Internet nous y enfonce de plus en plus. Pourquoi ? Vous évoquez l’incompréhension « qui se généralise dans notre société », génératrice de perte de sens et de régression. Puis, vous vous interrogez sur le « comment » : « comment ce processus dégénératif se propage ». Vos hypothèses sont crédibles : l’extension de l’incompréhension, de proche et proche, qui favorise un climat d’ostracisme, de bouc émissaire et de violence… Mais pourquoi ce phénomène auto-agravant s’arrêterait-il ?
Nous n’avons qu’un faible retour sur l’expérience d’Internet (à peine une dizaine d’années), mais en 6 à 7 ans, rien que sur les forums (AV ou ailleurs) j’ai observé une déliquescence rapide de la communication. Pour vous, c’est le « résultat d’une communication paradoxale non démasquée et propagée par nos politiques et nos médias » qui « instaure peu à peu une situation d’emprise ». Je ne suis pas aussi « optimiste », car cibler les responsables de la situation (± les élites), c’est aussi espérer une solution : agir sur eux. Je crains que les « élites » qui nous gouvernent et nous « informent » ne soient tout autant le jouet de ce système qui devient son propre maître, à la manière de HAL (de 2001, Odyssée de l’espace). Chez un pervers, il y a un humain derrière le processus pervers. Chez un dictateur, pareil. On peut agir. Mais quand c’est le système où chaque humain, chaque élément participe consciemment ou inconsciemment au fonctionnement « totalitaire », que faire ?
Il n’est que de voir comment les médias alternatifs que sont les sites d’actualité numériques se coulent dans les mêmes travers qu’ils dénoncent dans les médias dit officiels : le goût du buzz, l’audience, la petite phrase, la mauvaise foi, l’intox… auxquels il faut même rajouter des défauts spécifiques dus à l’anonymat des forums : violence, intolérance, laisser-aller, mythomanie…