« Les Algériens sont-ils des racistes »
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Titre le journal « El Watan » d’Algérie du 15 novembre 2012.
Voilà un article que les contempteurs de la France devraient lire. Je cite l’Algérie , mais je pourrai faire autant de la situation des étrangers vivant dans les pays arabo-musulmans en dehors des nantis au servir des pouvoir en place.
Quelle perception a le citoyen algérien des ressortissants étrangers, notamment africains ou asiatiques qui passent ou s’installent momentanément dans notre pays ?
« Dans un bus allant de Bab Ezzour à Alger, elle tance sa fille : » Tais-toi, sinon j’appelle - el kahloucha-, la Noire assise là-bas. Regarde-là, elle est laide ! . La femme noire dont il est question, en djellaba et foulard rose, fait mine de ne pas entendre. La fillette se blottit dans les bras de sa mère, certains passagers esquissent un sourire et l’autobus slalom sur l’autoroute menant à Alger, afin de contourner les embouteillage.
Mépris, insultes, agressivité et humiliations quotidiennes sont le lot des Noirs en Algérie. Attaher, étudiant nigérien vivant en Algérie depuis trois ans , porte un regard lucide sur son pays d’accueil. « Au début , nous étions bien accueillis puis les choses ont changé. Le problème réside surtout dans le fait qu’on ne côtoie pas beaucoup d’Algériens, nous vivons reclus. Du coup il y a beaucoup d’incompréhensions de part et d’autres » Ceci dit, assure-t-il, les actes racistes sont très rares.
Pendant qu’Attaher s’adresse à l’auteur de ces lignes ( Amel Blidi , ndlr), près de la cité universitaire de Bab Ezzouar, des moqueries fusent. L’un des jeunes persifleurs justifie ces railleries par le fait que les Africains qui vivent dans les cités universitaires ont , eux aussi, des comportements répréhensibles. Il dit le mot « Africain » comme s’il s’agissait d’un continent complètement étranger. L’Africanité de l’Algérien lui est , semble-t-l , complètement
inconsciente.
« Etes-vous Africains ? », interrogeons-nous. « Non, nous ne sommes pas Noirs, juste un peu bronzés. » Notre interlocuteur prend soin d’énumérer tous les clichés véhiculés sur le continent : « L’afrique, c’est la misère, les guerres, la famine. El hamdoulilah, grâce à Dieu, nous ne sommes pas dans ce cas de figure ». (...)
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« Lorsque nous étions étudiants, au milieu des années 1970 et que les dirigeants algériens ont invité les étudiants africains à venir en Algérie, il n’y avait plus de place dans les cités universitaires. Nous n’avons pas protesté car nous étions fiers de les accueillir dans notre pays, raconte Hocine Abdellaoui. Force est d’admettre que les temps ont changé.
Une étude réalisée par l’Association pour l’aide, la recherche et le perfectionnement en psychologie ( Sarpp), traitant de la situation des migrants subsahariens en Algérie, renvoie une image peu flatteuse de nous-mêmes. Les migrants y utilisent des qualificatifs particulièrement durs pour signifier leur perception des Algériens. A leurs yeux. Ils seraient racistes ou xénophobes, agressifs, désagréables, méprisants et malintentionnés. Les appréciations positives représentent moins de 21%.
Plus violente encore est la manière dont ils croient être perçus par les Algériens : misérables avec près de 29% de fréquence, esclaves ( près de 18%), sous-hommes ( 12%), étrangers, trafiquants, animaux, porteurs de maladies et enfin mal éduqués. Les appréciations positives ne dépassent pas 8,2%.
Noureddine Khaled, psychosociologue ayant dirigé cette étude, impute toutefois ces jugements au fait que les migrants en situation irrégulière en Algérie , comme dans d’autres pays, vivent des situations difficiles. » Quand ils ont la chance de trouver un travail au noir, ils sont exploités et n’ont aucun droit. Ils sont pour la plupart mal logés, mal nourris et harcelés par la police puisqu’ils n’ont pas de titre de séjour en règle. Cette situation explique en partie la perception négative qu’ils ont de l’Algérie et de l’Algérien.
Certaines Associations font beaucoup d’efforts pour les aider, mais cela restent très insuffisant au regard de l’importance de leurs besoins« , nous explique-t-il. Noureddine Khaled souligne , par ailleurs, que les comportements dits xénophobes ou racistes viennent des préjugés et expriment envers des minorités perçues comme physiquement ou culturellement différentes de la population dominante.
Ces minorités peuvent être perçues comme dangereuses ou menaçantes : ils menacent nos emplois, apportent les maladies , apportent la drogue, etc. Ces préjugés sont souvent faux, mais sont maintenus par la rumeur et la désinformation relayées parfois par certains médias.
Quid des Noirs Algériens ? Il n’y a pas de débat sur la diversité en Algérie. Les Algériens issus de la communauté noire sont pratiquement absents aux postes de responsabilité et dans les rangs supérieurs de l’armée. Le fait est que les Noirs algériens ont été, dès l’indépendance de l’Algérie, sensibles au message égalitaire et anti- esclavagiste de l’ex-parti unique , FLN, l’inexistence d’une classe moyenne noire a rendu difficile leur promotion » (...)
« La xénophobie dans la société algérienne , si elle existe, n’est pas dirigée contre » l’Occidental« . Plus beau car blond aux yeux bleus, plus riche car payé en devises et plus compétent, son seul défaut serait, selon une idée répandue, qu’il ne serait pas musulman » (...)
La France n’ est certes pas parfaite, j’en conviens , mais les immigrés qui y vivent sont cent ( 100) fois mieux que dans n’importe quel pays arabo-musulman. Ils ont des droits et sont protégés par plusieurs Associations de toutes sortes.
Cet article peut -être lu intégralement sur le site du journal « El Watan » d’Algérie du 15 novembre 2012, l’auteur de l’article est Amel Blidi .
Que Le Rom1 Le Libéré , le lise avec profit.