Je soutiens pour ma part la livraison d’armes aux insurgés de l’ASL, tout à la fois pour combattre le régime tyranique d’Assad mais également pour réduire l’influence du Front Al-Nosra dont la victoire serait aussi terrible pour les syriens qu’une victoire d’Assad.
Néanmoins, il est vrai qu’en l’état, la livraison d’armes aux insurgés serait illégale en regard du droit international. Elle porterait donc les germes d’une destabilisations mondiales de bien plus grande ampleur, en rendant légitime le soutien d’un gouvernement à toute guerilla qui défend les mêmes causes idéologiques que lui.
Ensuite, qui pourrait reprocher à l’Egypte des Frères Musulmans d’armer le Hamas ou le Venzuela d’armer les Farcs ?
La France ne doit pas mettre le doigt dans un tel engrenage.
Heureusement, il existe une solution juridiquement valide. Celui d’une résolution de l’assemblée générale de l’ONU, constatant le blocage du Conseil de Sécurité de l’ONU le rendant incapable d’assurer sa mission de maintien de la paix, reconnaissant le CNS comme seul représentant légitime du peuple syrien et demandant aux états membres de fournir une assistance militaire au CNS et à son armée, l’ASL.
Juridiquement, cela est rendu possible par la résolution n°377 dite « union pour la paix » et a déjà été mis en oeuvre dans la résolution 36/121 de l’AG ONU du 10 décembre 1981, reconnaissant le Swapo comme seul représentant légitime de la Namibie et demandant aux états membre de le soutenir politiquement, financièrement et militairement dans sa lutte de libération contre l’occupant, l’Afrique du Sud en l’occurence.
Pour plus de détail, lire sur mon blog : « Syrie, l’indispensable réforme de l’ONU »