Bonjour Morpheus,
On est d’accord / pas d’accord… 
D’accord sur le principe du grave détournement des mots, mais pas forcément d’accord sur les mots en question, ceux qui évoluent « normalement » en fonction de l’évolution des idées et des valeurs, et ceux qui évoluent par perversion volontaire du sens.
Il y a des bibliothèques entières sur la définition de la « démocratie », ce ne sont donc pas nos opinions qui régleront le débat. Mais personnellement, je ne crois pas à l’existence d’une démocratie puriste, idéale selon vos voeux. Même dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs le pouvoir est délégué… révocable, mais délégué.
Alors dans des sociétés de plusieurs dizaines de millions d’individus… !
Je pense que « le » peuple souverain, selon votre définition, n’existe pas.
Quand tous les citoyens ont accès au vote et à la décision, un très grand nombre s’abstient. Je ne vois pas pourquoi j’aurai plus confiance dans la décision de ceux qui s’expriment (les plus volontaires, militants, dominateurs, voire les plus intrigants) que dans des représentants que j’aurai moi-même choisis (pour leur compétence, leur tolérance ou leur intégrité, et bien sûr leurs idées).
En outre, la démocratie (même si elle pouvait être hyper-directe) est défaillante sans débat. Le vote n’est pas une fin en soi : il faut qu’il soit précédé d’une instruction, d’un débat. Je ne vois pas en quoi une démocratie idéale, où tous « décident », apportera quoi que ce soit à cet aspect absolument majeur.
Une démocratie doit donc mettre en place des institutions qui protègent : les minorités, les malades, les illettrés, les prisonniers… et qui régulent les manquements à la Justice, à la liberté, à l’égalité ou à la laïcité…
Donc, pour moi, une démocratie représentative n’est pas une pseudo-démocratie. Ce qui importe est qu’elle réponde à des paramètres fondateurs. J’en ai trouvé clairement exprimés dans certaines encyclopédies avec lesquels je suis plutôt d’accord en première approche (j’y rajouterais évidemment d’autres traits importants comme la séparation des pouvoirs ou la libération de la presse) :
La démocratie repose sur les 3 principes suivants :
• Débat : échange libre entre personnes afin de prendre des décisions,
• Institution : pour permettre le débat et mettre en œuvre les décisions,
• Justice : afin que l’application des décisions se fasse avec le plus de justice possible.