• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Signaler un abus

Senatus populusque (Courouve) 20 juin 2013 14:06
Senatus populusque (Courouve)

Dans la plupart des discussions autour de la liberté d’expression, on bute sur la formule "on n’a pas le droit de dire n’importe quoi, de dire des contre-vérités« , »il faut une limite à la liberté d’expression". Le débat public exige cependant, pour être à la fois politiquement républicain et intellectuellement efficace, que l’on ne fasse pas de la vérité supposée des propos, de la qualité du style ou de l’humour, le critère d’un droit à la parole et un préalable à l’ouverture des discussions. La vérité est ce qui a résisté à la critique, et pas ce qui en a été protégé.

La vérité ou la qualité des propos tenus ne sont pas davantage le critère du droit à la parole que l’innocence du mis en examen n’est le critère du droit à un avocat ET à un jugement en contradictoire. C’est d’ailleurs ce qui permet l’expression des invraisemblables croyances religieuses apparues il y a 2 000 ans chez des peuples primitifs. On n’invoque jamais l’horreur du crime pour supprimer ou limiter ces droits de la défense et le droit non seulement à un procès en bonne et due forme, mais aussi à un appel et à un recours en cassation. Dans le domaine médiatico-politico-intellectuel, il suffit que des propos soient déclarés « inacceptables » par une caste qui trépigne son indignation, pour que toute argumentation soit abandonnée.



Palmarès