Bonjour Alinea,
La lettre de cette journaliste est troublante et touchante en même temps. Elle nous conduit dans les méandres un peu trop personnels d’une personne perdue dans un pays en guerre, solitaire dans sa profession et non reconnue par ses pairs.
« Le poids des mots, le choc des photos » était la devise d’un célèbre journal. Mais les mots et les photos sont souvent des traîtres à la vérité.
Les mots composant des phrases reflètent toujours un peu l’humeur de celui qui les écrit. Les photos sont des instantanés d’une vérité ne durant que le temps du flash.
Tout cela est bien trompeur, n’est-ce pas ?
Il y eut des lettres importantes, impressionnantes même et criantes de vérités de la Mère Myriam au début du conflit en Syrie. Eh bien d’aucuns ont nié les faits et les sentiments qui semblaient pourtant bien réels, occultant les détails, mettant les observations sur le compte d’une hypothétique bienveillance pour le régime de Bachar Al Assad, ou un quelconque intérêt de la Soeur pour l’avenir de sa communauté.
Je pense avec sympathie à cette journaliste, solitaire, abandonnée dans un conflit qu’elle a cru pouvoir et devoir décrire impartialement à ses lecteurs, et j’ai bien peur que sa lettre ne lui apporte qu’un peu de cette même sympathie, ne durant que le temps de la lecture de ses mots...
Mais, à mon avis, Alinea, elle est tout de même moins à plaindre que les Syriens plongés dans cette galère que nous, occidentaux, nous gobergeons à vouloir faire cesser avec des interventions armées en nous frappant la poitrine de fierté !
Cordialement.