Je viens de (re)visionner votre vidéo. Bien plus que la dernière fois, je perçois votre discours et votre obnubilation pour la rareté qui fait le fondement de votre raisonnement.
Je vais me focaliser sur votre idée principale : « trop de monnaie entraîne une perte de confiance, et une perte de la valeur ». (3’00’’)
Tout est là : dans la définition du « trop ».
Extrait : « S’il suffit de se baisser pour avoir des coquillages, ce bien n’est plus rare du tout. » (2’45’’)
C’est faux, car les coquillages sont toujours en quantité finie : il y a donc toujours une certaine rareté. En revanche, là où je vous rejoins, c’est que cela peut entraîner une perte de confiance si tout le monde se rend compte d’un coup qu’il peut récupérer pleins de coquillages sans se forcer, ce qui équivaut à une injection massive et quasi-instantanée de monnaie (et au seul bénéfice des quelques-un qui iront les ramasser !).
Effectivement, pour le coup, ça fait drastiquement baisser la valeur d’échange de la monnaie (si tant est que la production n’en avait pas besoin). Est-ce que pour autant la valeur d’échange atteint 0 ? Cela dépend EXCLUSIVEMENT des humains, et de leur volonté de continuer à échanger dans cette monnaie.
« La rareté fait la valeur » (3’50’’) est inexact : la rareté permet la valeur. Seul l’humain peut dire ce qui est valeur ou pas. La notion même de valeur est intrinsèquement humaine.
Alors, pourquoi ne continueraient-ils pas ? Si la monnaie continue de connaître de telles injections massives, alors effectivement, les variations de valeurs seront bien « trop » fortes pour qu’on accorde une quelconque valeur à cette monnaie, sa valeur étant vouée à chuter drastiquement au profit de ceux capables de s’en fournir sans effort et en grandes quantités.
Car oui, les ordres de grandeurs sont extrêmement importants.
Ex. : les faux-monnayeurs de billets (pas les banquiers, les citoyens lambdas) font-ils chuter la valeur et augmenter les prix ? Localement, s’ils utilisent toute leur monnaie, peut-être. Mais certainement pas globalement, tant la quantité relative est faible.
Bref : augmenter la quantité de monnaie ne la relaie pas au rang de valeur 0 juste parce que vous l’auriez décrété avec votre « la monnaie doit être rare » : cela suppose des injections massives au profit de quelques-un, qui pourraient entraîner un rejet de la part de ses utilisateurs face à cette injustice.
C’est tout sauf le cas du Dividende Universel exposé dans la TRM.
Enfin, le passage sur l’inflation (13’35’’) oublie complètement les mécanismes de concurrence (qu’il cite pourtant avant) :
« ainsi, le prix passe (note de moi : joyeusement !) partout de 10€ à 11€ »
« le 1er, voyant que ses ventes ne baissent pas en augmentant sa marge » ah bon ?
Ce passage est soit sacrément fait à l’arrache soit malhonnête. En tous les cas, il ne vous sert pas.
Pour conclure : dans votre raisonnement, tout part de la définition de « trop ». Vous pourriez avoir raison, sauf que vous glissez de ce « trop » à « dès qu’on en ajoute » qui vous entraîne dans un raisonnement à deux solutions exclusives : soit la monnaie est en quantité finie et constante à tout instant et peut avoir de la valeur, soit ce n’est pas le cas et la monnaie n’a alors aucune valeur (j’insiste : vous dîtes exactement cela « Ne vaut rien faute de rareté » (10’25’’), et dans votre discours en général).
Revisionnez votre vidéo si vous ne me croyez pas.