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Roungalashinga 27 septembre 2013 12:33
Rounga

Vous êtes en train de me refaire le coup de l’esprit de finesse pascalien opposé à l’esprit de géométrie


Un peu, mais pas dans le sens où vous le comprenez. Penser que l’esprit de finesse désigne l’esprit littéraire, et l’esprit de géométrie l’esprit scientifique est un contre-sens énorme. Quand on a une formation scientifique, on a forcément vu des camarades avoir une prédilection pour un esprit ou pour l’autre. Celui qui a l’esprit de géométrie pose de manière brute les équations et les résoud comme un bourrin, pour parvenir à un bon résultat ; celui qui a l’esprit de finesse observe le problème et comprend intuitivement un certain nombre de paramètres, ce qui lui permet de poser le problème de façon plus simple et de parvenir à la solution de manière plus élégante. Il va sans dire que ce n’est qu’une prédisposition, et qu’un bon scientifique parvenu à mâturité a les deux esprits.

La seule échappatoire, pour ceux que tentent les abîmes du mysticisme, c’est effectivement la théologie négative, et j’ai toujours lu avec beaucoup d’intérêt les écrits d’un Jean de la Croix, mais ces sortes de spéculations finissent par tourner à vide puisqu’elles devraient logiquement conduire au pur silence (Cf., une fois encore, Wittgenstein)


Tout à fait. On pourrait aussi citer Lao tseu : « Celui qui sait ne dit pas, celui qui dit ne sait pas ». Le mépris des taoïstes pour les écrits, lorsqu’ils sont pris non comme des empreintes mais comme des pas, rejoint cette constatation : on ne tire pas de substance intellectuelle des écrits mystique, si l’on n’en reçoit pas l’esprit dans lequel ils ont été écrits.

La mystique janséniste, avec sa désespérante intransigeance, tous les historiens le reconnaissent, a vidé les églises au XVIIIe siècle. On est donc en face d’une religion qui est désormais une sorte d’auberge espagnole où n’importe quel délire peut très bien trouver le boire et le manger qui lui conviennent


Vous savez bien que la bulle Unigenitus a rendu le jansénisme hérétique. Justement le mérite de l’Eglise a été de canaliser les élans mystiques et de modérer leur tendance intrinsèque aux envolées démesurées qu’on peut trouver chez Swedenborg ou Saint-Martin.


qu’on n’en est plus aujourd’hui à chercher des explications totalisantes à l’origine du monde et à son destin eschatologique. On s’en passe même très bien puisque toutes les explications successivement inventées par les religions révélées sont désormais marquées du sceau de la plus grande naïveté sinon du ridicule.


Croyez cela si ça vous chante. C’est votre problème.


Voilà une bien curieuse définition de la raison, laquelle selon le rapport de tous les philosophes, n’a pas grand chose à voir avec un « ressenti » synthétique. A la différence de l’intuition qui peut certes, bien souvent, l’aiguiller, la raison est essentiellement analytique et ne peut travailler que sur ce qui est « clair et distinct ».


La Raison est cet étincelle d’Infini jeté dans notre esprit qui nous permet d’avoir l’intuition de sa nature. Depuis 400 ans on confond la Raison et l’intelligence. L’intelligence est claire, distincte, analytique, mais doit servir la Raison. C’est pourquoi je considère la philosophie analytique comme une arnaque. C’est la pensée amputée.


« S’humilier et s’abêtir ». Admirable programme !


L’humilité n’est que la conscience de la véritable nature de notre condition, sur laquelle nous nous faisons facilement des illusions. Nous pouvons très bien nous gargariser de nos talents divers, cela ne change rien au fait que dans 5 minutes un pot de fleur peut nous tomber sur la tête et anéantir notre existence que nous trouvions si précieuse et indispensable. Nous ne sommes rien, et il faut s’en rappeler.
L’abêtissement n’est que la subordination de l’intelligence à la Raison.



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