« La pensée magique n’a jamais disparu de nos cultures
supposées modernes et rationnelles, probablement parce qu’il s’agit
d’un mode de raisonnement inhérent à la condition humaine. La pensée
dite rationnelle n’a rien de naturel, c’est une
construction, une ascèse, un exercice qui demande un travail
continuel. L’éternel « retour de l’irrationnel » n’est en fait que la
manifestation récurrente d’une forme de pensée qui ne
nous a jamais quittés »
Michel de PRACONTAL
"Comme tous les mammifères, l’être humain possède un cerveau reptilien,
génétiquement « programmé » par l’évolution pour réagir aux dangers. Il y
a donc bien chez
lui une composante irrationnelle et atavique, une prédisposition
ancestrale à la croyance, qu’elle soit superstitieuse ou religieuse,
ainsi que des incertitudes métaphysiques auxquelles les
religions apportent depuis toujours des réponses immédiates et
sécurisantes, en s’adressant évidemment à son cerveau émotionnel"
Vassilis SAROGLOU
"Comment expliquer la fréquente persistance de la sensibilité religieuse ou déiste ?
Les neurosciences tendent, me semble-t-il, à confirmer son
imprégnation neuronale : des neurophysiologistes ont en effet constaté
que si les hippocampes (centres de la mémoire explicite) sont
encore immatures à l’âge de 2 ou 3 ans, les amygdales (du cerveau
émotionnel), elles, sont déjà capables de stocker inconsciemment le
souvenir d’événements à forte charge affective ou des
souvenirs émotionnels tels que, par exemple, l’atmosphère
« envoûtante » d’une église, les prières et autres comportements
religieux des parents, voire leurs inquiétudes métaphysiques,
sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal
inférieur.
Ces « traces » neuronales, appelées « engrammes », sont indélébiles, et se renforcent par plasticité neuronale, au fur et à mesure des expériences religieuses."
Michel THYS