Il n’est ici pas question de défendre le statut de salarié. Le salariat n’est ni plus ni moins que la forme standard permettant à l’employeur de s’approprier une partie des richesses créées par le salarié.
Cependant, les raisons énoncées pour une telle disparition ne me semblent pas bonnes.
Vous écrivez que le financement de notre système social repose sur les entreprises. C’est bien entendu faux. Il repose sur les salariés. C’est prendre l’employeur pour un imbécile que prétendre le contraire. Les cotisations sociales ne sont au final qu’une socialisation d’une partie du salaire du salarié. Ce n’est ni plus ni moins qu’une application du principe « à chacun selon ses besoins, à chacun selon ses moyens » de la déclaration des droits de l’homme. Le financement de notre système social repose donc sur le travail. Des salariés, comme je viens de l’aborder, mais également des indépendants, ceux-ci payant également des cotisations sociales.
Le code du travail — tout du moins pour le peu auquel j’ai eu à me référer —, n’était pas si illisible que cela. Ceci étant, nous pourrions bien entendu débattre de ce qui pourrait être amélioré et simplifié, rendu cohérent, etc. Admettons. Ce pourrait être un argument.
La réduction du temps de travail maintenant. Probablement la pierre d’achoppement principale. La présentation que vous faites de cet aspect est totalement mensongère. Prétendre que l’on a réduit le temps de travail pensant que la hausse de la productivité sera continuelle pendant des siècles est juste mensonger. La réduction du temps de travail a uniquement été la conséquence des améliorations de productivité ayant déjà eu lieu.
Second point, il faut également bien garder en tête le temps de travail d’un salarié à temps complet, mais aussi et surtout le temps de travail global de la société. Et là, la réduction a eu bien plus fortement lieu que les 35 heures actuelles françaises. La réduction de temps de travail forcée se nomme chômage, temps partiel subi, etc. Et pourtant, malgré tout, nous disposons de toutes les marchandises dont nous avons besoin, et nous en avons même bien trop, eu égard à la crise écologique que nous avons créée. Pourquoi vouloir travailler plus ? Nous produisons déjà trop. Et, pour terminer, quel lien avec le salariat ?
Pour ma part, je serais très favorable à temps de travail encore plus réduit, nous permettant ainsi de nous accomplir en dehors du travail. Et effectivement, le salariat ne serait pas le meilleur statut pour cela. Un statut d’indépendant ou autre, ne travaillant que lorsqu’il est dans le besoin — ni plus ni moins que ce que faisaient les artisans dans les temps anciens. Ils travaillaient afin d’assurer leur subsistance puis passaient à autre chose. Nous n’avons pas besoin de télé, iPhone, voitures, babioles, vêtements dans de telles quantités et autres saloperies que l’on achète machinalement, sans même jamais se demander si nous en avons réellement besoin.
Bref, à mon sens, c’est à côté de la plaque. Nous n’avons pas besoin de créer plus de richesses. Nous en créons déjà bien plus que ce que peut nous offrir notre planète. Il nous faut « seulement » — bien — mieux les répartir.