Quelle distance parcourue
entre l’existentialisme romantique impublié du premier Camus et la
maturité poshtume inachevée du Premier Homme. Chacun ses retours
aux sources. A celles du monde littéraire, il préféra quant à
lui, de toute évidence, des sources sans retour. Merci pour la
clarté de la démonstration.
« ...lui comme une
lame solitaire et toujours vibrante destinée à être brisée d’un
coup et à jamais, une pure passion de vivre affrontée à une mort
totale, sentait aujourd’hui la vie, la jeunesse, les êtres lui
échapper, sans pouvoir les sauver en rien, et abandonné seulement à
l’espoir aveugle que cette force obscure qui pendant tant d’années
l’avait soulevé au-dessus des jours, nourri sans mesure, égale aux
plus dures des circonstances, lui fournirait aussi, et de la même
générosité inlassable qu’elle lui avait donné ses raisons de
vivre, des raisons de vieillir et de mourir sans révolte. »
(Le Premier Homme)