croyez vous vraiment que s’ils n’y avait pas d’immigré nos bons patrons français seraient sympas avec nous
Ce n’est pas une question de gentillesse, mais de rapport de force. Quand des travailleurs ont la possibilité de paralyser totalement l’activité d’une entreprise en faisant grève, alors le rapport de force est en leur faveur. Mais si le patron a la possibilité de délocaliser son entreprise dans un pays où les travailleurs seront moins exigeants au niveau des conditions de travail, alors il a dans sa manche un atout de poids : le travailleur n’a alors que le choix entre accepter des conditions moins avantageuses et tout perdre. L’immigration n’est qu’une manière de délocaliser en restant chez soi. Il s’agit d’avoir en réserve un certain nombre de pauvres venant de pays où les conditions sont dures pour les travailleurs, et qui accepteront sans rechigner des exigences patronnales que les locaux refusent. Ici encore, ces derniers ont le choix entre se plier à un régime plus contraignant et se voir remplacer par un immigré.
Encore une fois, je fais remarquer que ce discours n’a rien d’insultant ni de méprisant pour les immigrés. Ceux-ci n’obéissent qu’à la nécessité, et on ne peut pas leur reprocher, en tant qu’individus, de saisir des opportunités. D’ailleurs on ne dit jamais que la dénonciation de la délocalisation désigne les travailleurs des pays étrangers comme des boucs émissaires. C’est bien les pratiques capitalistes qui sont en question, et elles seules.