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Voltaire 26 février 2007 12:00
Voltaire

Excellente analyse.

Comme vous l’avez signalé, il est frappant de constater la différence de stratégie entre Mme Royal et Mr Sarkozy d’un côté, qui n’étant pas internautes eux-mêmes, ont laissés à des communiquants le soin de faire leur campagne de pub sur internet, et celle de Mr Bayrou, qui a compris sans doute plus vite qu’internet était d’abord un espace de liberté.

Ainsi, la communication internet de Mr Sarkozy est organisée, institutionalisée devrait-on dire, comme un plan media. Celle de Mme Royal est filtrée, canalisée, impossible de dire du mal de son programme sur son site par exemple, et les blog sont plus un moyen de communication entre militants. Celle de Mr Bayrou est simple : pas de plan ! Des sites institutionnels très ouverts et bien conçus, sans censure, et un respect de l’internaute qui l’amène à considérer le blogger aussi bien qu’un journaliste normal. Il faut dire qu’il était aussi un peu obligé de le faire, contraint qu’il était de contourner l’establishment médiatique qui lui était opposé. Le résultat a en effet été une sympathie diffuse de la blogosphère qui, n’étant pas le fait de militants mais de citoyens ordinaires, est restée pondérée et donc bien plus efficace.

Cela rend d’ailleurs assez amusant les critiques parfois émises à l’encontre de soi-disant militants UDF qui détourneraient les forum et site de discussions (comme Agoravox...) en faveur de Bayrou. Ces militants n’existent tout simplement pas (n’oublions pas qu’il y a dix fois moins d’adhérents à l’UDF qu’au PS ou à l’UMP... et peu de moyens financiers). On assiste ainsi à une cascade de mails anti-Bayrou stéréotypés de la part des deux camps menacés sur les forums ces derniers temps, auxquels répondent des internautes ordinaires.

L’erreur des PS et UMP traditionnels a été de penser qu’internet est un media comme les autres, comme la télévision où il suffit de mattraquer un message pour faire passer des idées. Pour Bayrou, l’internaute est en situation active de recherche d’information, et non passive comme devant une télévision. Le message pré-formaté ne fonctionne donc pas car le lecteur est attentif. De plus, toute contradiction ou langue de bois est très rapidement repérée et diffusée (souvenons-nous par exemple de l’histoire des 100.000 militants soi-disant présent au sacre de Sarkozy, dans un espace de 20.000 places, ou des vidéo de Mme Royal).

En respectant l’internaute, Bayrou a donc gagné une bataille de communication au delà de ce que ses moyens permettaient d’espérer. Et même s’ils ne sont pas si nombreux à effectivements lire réguilièrement des sites et blog politiques, ces internautes ont un rôle considérable de diffuseur d’information auprès de leurs amis et famille, qu’ils peuvent éclairer sur les détails et réalités des projets, programmes et prises de position mal relayées par les media ordinaires.

Ayant suscité cet intérêt chez l’internaute, restait à savoir si Bayrou saurait transformer l’essai en proposant un programme digeste et convainquant. Les premières réactions semblent positives puisque son programme économique et social apparait plus convainquant aux yeux des internautes que ceux des Sarkozy et Royal. S’il parvient à confirmer ceci au cours des deux prochaines semaines, il sera difficile à vaincre.



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