A tous,
La survie humaine au risque de l’absurde
Le rappel d’un papier sur le mythe de Sisyphe, un clin d’oeil à Albert Camus. L’irrationnel, la nostalgie rivée au temps d’un premier amour et la dissonance (l’absurde) qui surgit de leur confrontation, voilà trois protagonistes d’un drame personnalisé qui durent s’articuler dans la logique de mon existence. Ils la nouricent toujours et lui donne sens.
Quand on se fiche un peu de l’actualité, on finit par se raconter dans le roman de son histoire. Si cette notion de dissonance est la première de ma vérité, toute
solution du drame doit la préserver. Je récuse donc la fuite qui
consisterait à occulter l’un des trois composant de l’histoire. Le suicide serait par exemple la suppression
de ma conscience.
« Je tire de l’absurde, dit Camus, trois conséquences qui sont ma révolte, ma
liberté, ma passion. Par le seul jeu de ma conscience, je transforme en règle de vie ce qui était
invitation à la mort - et je refuse le suicide ». Ainsi se définit l’attitude de « l’homme
absurde ».
J’accepte les trois conséquences, ma révolte, ma liberté, ma passion, transforme en règle de vie ce qui était invitation à la mort, mais j’invente d’autres mondes de raisons et d’espérances
qui donnent un sens à ma vie. Par diverses voies, je divinisent l’irrationnel en faisant de l’absurde le critère de l’autre monde,
le transformant en « tremplin d’éternité ».
Selon moi, Sisyphe prend en main son propre destin pour supporter l’absurdité de
sa situation. Son personnage s’impose un combat. C’est la grandeur de
l’homme restauré dans la dignité. Dans une volonté à toute épreuve, il
paye le prix de son exaltation pour la vie. Ainsi il maitrise ses jours
et s’efforce d’estimer la vanité des répétitions éternelles. La joie
silencieuse de l’homme se manifeste dans la possession triomphante de la
fatalité. Sa volonté de vivre surpasse l’idée du néant. Son combat
n’est pas sans souffrance, mais dans un puissant effort, il dégage une
satisfaction et une sérénité. Il devient le créateur de sa vie. Ne faut
il pas imaginer Sisyphe heureux, suggère l’auteur à la fin de son mythe.
Après mille et un siècles, le roc s’immobilisera sans doute et le monde
encore aujourd’hui bien ignorant découvrira l’existence d’une loi d’un
équilibre enfin restauré.
Voilà ma petite histoire s’achève. Je vous présente à tous mes meilleurs voeux pour cette année de pure création.
Jack Mandon.