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jack mandon 31 décembre 2013 09:32
jack mandon

A tous,

La survie humaine au risque de l’absurde

Le rappel d’un papier sur le mythe de Sisyphe, un clin d’oeil à Albert Camus. L’irrationnel, la nostalgie rivée au temps d’un premier amour et la dissonance (l’absurde) qui surgit de leur confrontation, voilà trois protagonistes d’un drame personnalisé qui durent s’articuler dans la logique de mon existence. Ils la nouricent toujours et lui donne sens.

Quand on se fiche un peu de l’actualité, on finit par se raconter dans le roman de son histoire. Si cette notion de dissonance est la première de ma vérité, toute solution du drame doit la préserver. Je récuse donc la fuite qui consisterait à occulter l’un des trois composant de l’histoire. Le suicide serait par exemple la suppression de ma conscience.


« Je tire de l’absurde, dit Camus, trois conséquences qui sont ma révolte, ma liberté, ma passion. Par le seul jeu de ma conscience, je transforme en règle de vie ce qui était invitation à la mort - et je refuse le suicide  ». Ainsi se définit l’attitude de « l’homme absurde ».

J’accepte les trois conséquences, ma révolte, ma liberté, ma passion, transforme en règle de vie ce qui était invitation à la mort, mais j’invente d’autres mondes de raisons et d’espérances qui donnent un sens à ma vie. Par diverses voies, je divinisent l’irrationnel en faisant de l’absurde le critère de l’autre monde, le transformant en « tremplin d’éternité ».

Selon moi, Sisyphe prend en main son propre destin pour supporter l’absurdité de sa situation. Son personnage s’impose un combat. C’est la grandeur de l’homme restauré dans la dignité. Dans une volonté à toute épreuve, il paye le prix de son exaltation pour la vie. Ainsi il maitrise ses jours et s’efforce d’estimer la vanité des répétitions éternelles. La joie silencieuse de l’homme se manifeste dans la possession triomphante de la fatalité. Sa volonté de vivre surpasse l’idée du néant. Son combat n’est pas sans souffrance, mais dans un puissant effort, il dégage une satisfaction et une sérénité. Il devient le créateur de sa vie. Ne faut il pas imaginer Sisyphe heureux, suggère l’auteur à la fin de son mythe.
Après mille et un siècles, le roc s’immobilisera sans doute et le monde encore aujourd’hui bien ignorant découvrira l’existence d’une loi d’un équilibre enfin restauré.

Voilà ma petite histoire s’achève. Je vous présente à tous mes meilleurs voeux pour cette année de pure création.

Jack Mandon.



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