Pour tenter de soulever les profondeurs de l’incompris peut-être pourrait-on hasarder cette hypothèse :
nos générations occidentales sont les premières de l’Histoire à n’avoir connu, pendant ’trop’ longtemps ( le temps d’une espérance de vie des Maldives par exemple) qu’une paix relative : en ce sens que l’essentiel de notre population a été épargnée par les désastres des guerres autant que des grands désastres naturels ou pandémies.
Forts des bienfaits de cette situation, nous en oublions le prix : les compromis du MAD nucléaire, de la délocalisation hypocrite de nos propres actes inconséquents ... mais surtout, nous nous laissons bercer par l’illusion d’avoir structurellement écarté nos démons par des « avancées » collectives morales ou culturelles ... alors que nous sous-estimons trop la part artificielle, factice et fragile par laquelle notre confort s’est installé.
L’adversité collective favorisait la prise de conscience des vertus indispensables de solidarité, dévouement, respect, politesse . On n’a plus la même conscience lorsque l’on risque d’être appelé à combattre à mort aux côtés de son voisin (fût-il le pire de ses concurrents en temps de paix) ... que lorsque ce risque est relégué à des mercenaires ...
Pas étonnant alors que le chacun pour soi s’installe ... jusqu’à plus triste des suffisances blasées
Pensons aussi à la thèse d’un Christophe Dejours :
“ Marquer ses distances par rapport aux victimes du système est un
bon moyen pour nier la peur en soi et débarrasser sa conscience de sa
responsabilité vis-à-vis d’autrui. "