On ne peut qu’admirer la prose. Quant au contenu, il est malheureusement tout aussi mensonger que la désinformation qu’il prétend combattre... avec le style il faut bien l’avouer.
Je ne chercherais pas à contrer point par point une telle argumentation, je ne citerais que quelques éléments factuels :
1°) La Palestine n’a jamais été une « terra nullius ». Que la Palestine n’ait jamais été indépendante ne veut pas dire qu’elle était vide d’habitants. En 1918, 550 000 arabes habitaient sur le territoire désormais appelé Palestine. Comment faut-il les appeler si ce n’est Palestinien ?
Pour paraphraser l’auteur, je mets au défi quiconque de me citer le nom d’un dirrigeant (Roi, Président, ou autre) de la zone géographique appelé aujourd’hui « Région Centre » et de m’en citer le nom de la monnaie.
Est-ce à dire qu’il eut été légitime d’installer le peuple juif à Orléans et d’en chasser toute la population sous prétexte qu’Orléans n’a jamais été autonome mais à toujours dépendu de la République Française ? Assurément non.
Il en va de même des Palestiniens. Certes, ils n’ont jamais vécu comme un peuple indépendant ... de même que les français de nombreuses régions de france (superficie géographique comparable) n’ont jamais vécu de manière indépendante de la France. Mais il y’a toujours eux des gens pour habiter en Palestine, qui ont y ont vécu depuis des générations, de même qu’à Orléans.
2°) Le terme « sioniste », comme bien d’autres termes a une définition « originelle » et une défintion qui évolue avec le temps. On peut jouer sur les mots pour être de mauvaise fois, mais chacun sait ici que le mot « sioniste » est désormais employé pour soutenir la notion « d’Eretz Israël », de la Mer ou Jourdain, ce qui n’est pas la même notion que le droit d’Israël a exister dans les frontières de 1948 ou 1968.
Je suis pour ma part pour le droit d’Israël a exister dans les frontières de 1968, complêtement opposé à sa politique de colonisation de la Vallée du Jourdain.
Comment dois-je appeler les colons de la vallée du Jourdain si ce n’est Sioniste et comme dois-je m’appeler si ce n’est anti-sioniste ?
3°) En quoi être juif est-il indissociable du soutien à Israël, et qui plus est à sa politique expensioniste ? On peut être juif et n’avoir que faire du sort d’Israël. On peut être même Israelien et estimer que la place de l’Etat d’Israël est dans les frontières de 1968.
4°) L’auteur occulte une vérité fondamentale du conflit israelo-palestinien : la violence quotidienne et l’humiliation quotidienne dont sont victimes les palestiniens du fait de l’occupation.
Je conseille vivement à l’auteur le livre « Breaking the silence » écris par des soldats israéliens. Incontestable donc, puisqu’ils ne font qu’y témoigner de ce qu’ils ont vu, voir même fait endurer aux palestiniens.
Quelques exemples : le snipper qui s’entraîne à tirer en visant les citernes d’eau du village palestinien d’à côté, le soldat qui fait volontairement stationner un camion de lait à un check point pendant plusieurs heures en plein soleil et ne laisse passer que lorsqu’il est sûr que le lait à tourner. On pourrait aussi citer les filets tendus au dessus du marché d’Hébron car les colons jette leurs ordures par la fenêtre sur le marché, juste par sadisme...
5°) L’auteur occulte également la raison majeure pour laquelle malgré toutes les aides internationales, la Palestine ne décolle pas : le contrôle administratif d’Israël sur la majeur partie des territoires de la Cisjordanie.
Pour transformer un désert en terre fertile, les dollars ne suffisent pas à construire les puits, il y faut aussi les permis de construire. Permis que refuse de délivrer l’administration militaire israélienne. Et s’ils sont construits « illégalement », les bulldozers militaires les rasent.
Même les écoles construites par l’ONU sans l’accord d’Israël se font raser ...
La liste est encore longue, on pourrait en faire un livre entier. Celà à déjà été fait. Que l’auteur lise « Breaking the silence », publié par une association de juifs israéliens, sur la base de soldats israéliens et on pourra commencer à parler.
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