A tous
Dans
mon petit papier, il s’agissait de mettre en perspective, la vie
professionnelle d’un homme, un maître meunier. Respect et poésie
pour un artisanat mêlant la beauté de l’ouvrage à l’utilité de
s’alimenter. Car enfin, travailler une matière noble, le froment,
sous l’action naturelle des vents de la création, dans une charmante
demeure ailée au passé somptueux...
Mais
voici l’humain soumis à l’évolution du temps et des techniques
nouvelles, rapides et plus rentables. C’est une métaphore
intemporelle que nous affrontons tous dans un moment de notre vie.
Alphonse
Daudet, le créateur de l’histoire, met en scène un homme brave et
digne qui, pris de vitesse par le progrès, privé de matière
première, va poursuivre sa vocation artisanale avec noblesse.
Il
reproduit, dans une gestuelle fidèle et appliquée, tout ce qui fait
la beauté de son art, le sens de sa vie d’homme. Par les chemins et
la garrigue, il parcourt avec son âne rituellement le trajet
initiatique du meunier. Sur le dos de l’âne, maintenant, un sac de
sable qui remplace le grain de blé ou la farine moulue. A cette
pieuse simulation, il ajoute à toute question polie ou indiscrète :
« Je travaille pour l’exportation » Voici un ballet
absurde qui entend poursuivre le sens d’une vie..