A tous,
« La
dernière guerre » quelques extraits de la vision delteillenne
« Les
Tranchées. Là, règne un homme qu’on appelle le Paysan. Les
Tranchées, c’est affaire de rumeurs de terre, c’est affaire de
paysans. C’est l’installation de la guerre à la campagne, dans
un décor de travaux et de saisons. Les Tranchées, c’est le retour
à la terre.
En fait, il restait surtout des
paysans dans les tranchées. A la mobilisation, tout le monde était
parti gaiement. Se battre, le Français aime ça (pourvu qu’il y
ait un brin de clairon à la cantonade). L’offensive, la Marne, la
course à la mer, un coup de gueule dans un vent d’héroïsme :
ça va, ça va ! Avec un sou d’enthousiasme, on peut acheter
cent mille hommes. Mais après les grandes batailles, dès qu’on
s’arrêta, lorsque vint l’hiver avec ses pieds gelés, et la
crise des munitions aidant, l’occasion, la chair tendre, les malins
se débinèrent. Chacun se découvrit un poil dans les bronches, un
quart de myopie, et d’ailleurs une vocation chaude, une âme de
tourneur. Les avocats plaidèrent beaucoup pour l’artillerie
lourde. Les professions libérales mirent la main à la pâte. Ce fut
un printemps d’usines"
Parallèle littéraire au cubisme
pictural, l’humour « à cru », comme il disait.