Magdalena, les amis,
L’accompli : les verbes
hébreux ne se conjuguaient pas au présent, au passé ou au futur (comme
c’est le cas dans les langues indo-européennes), mais à l’accompli ou à l’inaccompli.
[…] Inaptes à rendre ces nuances dans le grec […], les traducteurs
antiques de l’Ancien Testament et du texte primitif-hébreu du Nouveau
ont, le plus souvent, rendu l’inaccompli par un futur et l’accompli
par un passé ou un présent — manœuvre certes inévitable, mais qui a le
désavantage, lorsque les exégètes ne recourent pas à la considération du
sémite originel, de leur faire produire de fausses théories sur la
temporalité biblique et néotestamentaire. — (Bernard Dubourg, L’invention de Jésus, tome I, « L’hébreu du Nouveau Testament », Paris, Éditions Gallimard, 1987, p. 245)