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jack mandon 7 février 2014 13:07
jack mandon

Magdalena,

A propos de la « folie » de Nietzsche,

Je connais le monde de l’étrange, pour l’avoir étudié, mais aussi pour le vivre

dans ma chair, subjectivement, familialement. Le monde de l’étrange

se fragmente et s’épuise, épuise aussi. Le monde de l’étrange croit

qu’il perd tout, ce qu’il ignore trop souvent, c’est qu’il perd tout,sauf,

la raison. Certes, le trouble de l’humeur est difficile à soutenir pour

un proche. Mais ce que le système nerveux manifeste de bouleversement

n’entrave pas la beauté et la vérité qui anime l’étranger d’un moment.

Je puis te dire que j’ai la profonde intuition que Nietzsche était dans

l’environnement du divin. Simplement, comme la phalène, un jour,

il disparut de l’autre côté de la flamme. Pendant 10 ans il demeura

aphasique prostré dans son enveloppe humaine. Visionnaire qu’il était,

il avait probablement perçu le monde à venir et ne pouvait le soutenir.

Auparavant, de passage à Turin ou il séjournait, un jour qu’il sortait

de chez lui il vit une scène de la rue qui le bouleversa. Un charretier

s’en prenait à son cheval en le fouettant violemment. Il se précipita

au cou du cheval, l’embrassa sur les naseaux en lui murmurant

« mon ami, mon frère » puis il s’effondra terrassé dans sa plus

belle évocation philosophique « l’empathie » et se tut à jamais.

C’était un enfant de Dieu, peut être que par humilité, il l’ignorait.



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