• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Signaler un abus

Roungalashinga 25 février 2014 10:11
Rounga

on ne peut pas faire l’impasse de parler de la conjugaison des deux alternatives, sinon on reste dans le flou pour certaines choses

Ce n’est pas une impasse, mais le mouvement même de la dialectique hégélienne.

comme E. Todd avec ses modèles politiques familiaux

Emmanuel Todd classe les formes familiales en quatre groupes :
-égalitaire/inégalitaire
-souche/nucléaire
Il fait son travail de spécialiste en classifiant des formes concrètes et facilement identifiables (les structures familiales), et étudie les influences de celles-ci sur les orientations économico-politiques. Il reste dans son domaine sans en déborder, il ne procède pas grossièrement à une catégorisation des courants de pensée en eux-mêmes comme tu le fais. J’ai moi-même dans un autre article effectué une classification entre deux types d’humanismes qui permet d’établir de multiples ramifications, mais je suis resté dans le domaine de l’humanisme sans prétendre faire déborder mes catégories de ce cadre pour me permettre d’analyser tout le reste.

Et comme par hasard j’arrive aux même conclusions au plan pratique.

Ah ? Le protectionnisme, c’est universaliste ? Allons, allons.

je ne m’intéresse qu’au fond, pas à la forme.

Et ?

Je n’ai pas d’approuver ou comprendre exactement comme l’autre pense

Si tu ne comprends pas comment l’autre pense, alors tu ne peux pas le critiquer. C’est simple à comprendre, non ? Il ne s’agit pas d’approuver, mais de saisir des logiques et des points de vue. Or, c’est précisément ce que tu t’interdis de faire en posant a-priori tes catégories, ce qui est particulièrement...anti-universaliste.

J’ai pas besoin de savoir comment pense un américain pour comprendre pourquoi dans le pays cohabite la plus grande débauche et la plus grande bigoterie, contrairement à la France, j’ai juste à savoir que la culture américaine repose sur des principes individualistes particularistes.

Non seulement c’est faux (Hamilton, Jefferson, Thoreau sont des figures majeures de la culture américaine ; le marché est à peu près libre, mais le pouvoir policier est extrêmement fort : si l’individu a la liberté de consommer, il est bridé dans ses comportements et son expression verbale : il n’y a qu’à voir le nombre de procès qui se font pour tout et n’importe quoi, le politiquement correct, etc.), mais en plus c’est hyper-superficiel. Ça pourrait donner des indications justes à un certain niveau, mais ça ne permet aucune analyse fine, et ça ne fait pas ressortir les antagonismes qui impriment sa dynamique à l’évolution de la culture américaine, comme a pu le faire Christopher Lasch.

Pour la dernière partie je te renvoie à ce que je disais sur l’individualisme universaliste. T u l’as oublié on dirait.

Non. Ce que tu n’as pas saisi, c’est que le particulier et l’universel ne sont pas séparés. Il y a du particulier dans l’universel et de l’universel dans le particulier, ce qui empêche d’utiliser tes catégories pour accéder au fondement des choses. On n’a pas à choisir l’un par rapport à l’autre, mais à trouver l’un dans l’autre et réciproquement.

Au fait, pourquoi ne pas se référer à la dialectique modernité/tradition ? Cette dichotomie me semble beaucoup plus efficiente et mieux rôdée.



Palmarès