Jean,
Le fascisme violent, défait par le passé, prend à présent un visage d’ ange.
Le Fascisme et son contraire, c’est à dire son équivalence en creux,
relèvent de l’archéologie sociale et politique. Cependant, sous une
autre forme, moderne, adaptée, séduisante, démoniaque pour la métaphore,
il a connu une mutation dans laquelle nous baignons. C’est une
saloperie qui ne mérite surtout pas la mort d’un homme, mais le concours
de tous les hommes.
Alors les appellations de terminaison
en « isme » masquent souvent nos conflits intérieurs et les problèmes
du monde dans leurs causes originelles.
La vérité c’est que l’antifascisme est archéologique,le fascisme d’autrefois aussi,
ce ne sont que prétextes pour se voir décerner le brevet bien pensant.
Jadis,les rapports qu’entretenaient les chefs et la foule appartiennent
l’un et l’autre à l’archéologie. Chefs inconcevables aujourd’hui à
l’heure de la télévision de poche et de l’information mondialisée. La
preuve en est faite sous nos yeux où des tyrans et groupes sectaires
archaïques tournent en rond dans leur paranoïa sous le regard des
terriens. N’ajoutons pas à cela notre prétention, notre arrogance qui
fit les conflits meurtriers avec effets collatéraux considérables,
l’Iraq, l’Afghanistan et même le Mali. Les grandes puissances se
discréditent par leur interventionnisme aux effets imprévisibles. Au
fond c’est une forme de fascisme moderne, éclairé, technologique,
scientifique, sanctifié par la démocratie d’opérette et la république
molle. Exercer la violence du pouvoir est la définition même du
fascisme ? Le vrai fascisme disait Paolo
Pasolini, cet intellectuel visionnaire sulfureux, c’est la société de
consommation, l’antifascisme aujourd’hui est prétexte naïf, stupide et
de mauvaise foi.
Merci Jean.