"...tenter de se dire que oui l’Europe marche mal, mais
que l’idée est bonne et que nous pourrions largement l’améliorer."
L’idée est bonne comme l’est la doctrine communisme.
C’est-à-dire bonne hors de toute réalité. Du point de vue de la population,
l’Europe est infiniment plus disparate que la Belgique - et on sait ce que cela
donne - et elle l’est beaucoup plus aussi que feue la Yougoslavie - et on sait
comment cela a fini.
Les pays sont parvenus à des degrés de développement extrêmement
différents, leurs aptitudes et leurs capacités s’orientent dans des directions
peut-être complémentaires, mais que le nivellement existentialiste n’a pas
permis d’exploiter comme telles. A cela s’ajoute des différences d’identité
profonde. Comme le note, entre autres, Jean-Pierre Chevènement, le Français est
individualiste et râleur, tandis que l’Allemand est holiste et discipliné.
A cela, on peut ajouter que l’Allemand a l’hégémonisme dans
l’ADN. Gustave Le Bon le notait en 1918, qui écrivait : « Les futures
tentatives d’hégémonie industrielle de l’Allemagne seront aussi redoutables que
son rêve d’hégémonie militaire. » Aujourd’hui, aux yeux des délicats
intellectuels présidant au politiquement correct, il passe pour un raciste.
N’empêche qu’on pourrait certainement écrire un volumineux
ouvrage sur les différences « mentalitaires » et caractérielles qui
distinguent les peuples d’Europe les uns par rapport aux autres.
Le deuxième facteur qui fait rédhibitoirement défaut à la
construction européenne, c’est un ennemi clairement identifié et unanimement
reconnu, fonction qui a été remplie avec brio par l’URSS, de 1945 à 1989.
L’Islam aurait pu reprendre le rôle - après tout l’Europe en construction
cohabitait dans presque tous les pays avec des sections nationales du parti
communiste de l’Union soviétique, sans que cela ne génère de troubles civils
majeurs -, mais les dirigeants actuels, égarés par l’enseignement
« progressiste », ne comprennent plus ces règles élémentaires de
l’homogénéisation des sociétés
Il semble maintenant qu’ils tentent de réactiver l’ennemi de
l’Est, mais c’est voué à l’échec, parce que les peuples comprennent, ou
pressentent, que Vladimir Poutine est l’ultime ennemi du Nouvel Ordre Mondial,
qui les protège encore d’une gouvernance universelle dont Zygmunt Bauman dit :
"Un seul Etat pour toute l’humanité serait un cadre pour le totalitarisme
comme le monde n’en a pas encore vu dans ses pires cauchemars." On en est
là. Si dans ce contexte, vous voyez comment sauver l’Europe, sans utopisme, chimérisme
ni angélisme, il serait intéressant d’analyser votre pharmacopée.