• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Signaler un abus

Saul 22 juin 2014 19:42

Il y a un petit problème que l’auteur de cet article ne voit pas. Il a dans la zone euro des États surendettés et à croissance bancale. Le fait qu’ils soient à croissance bancale et qu’ils soient surendettés est lié notamment au fait qu’ils ont une monnaie surévaluée pour leur économie. Il n’en reste pas moins que ces États doivent emprunter aux banques, aux institutions financières, pour se financer qui leurs demandent des taux d’intérêt nettement supérieurs aux taux de base de la BCE. Que va-t-il se passer si la BCE augmentait ses taux d’intérêt et Bien l’Espagne ou l’Italie, par exemple, emprunterait à des taux plus élevés. La question est : l’Espagne ou l’Italie peuvent-ils emprunter à des taux plus élevés qu’aujourd’hui ? La réponse est non car leurs taux actuels sont déjà trop élevés pour leur situation économique. Par exemple l’Espagne a fini l’année 2013 avec un endettement à 93,9% du PIB :

http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/2-23042014-AP/FR/2-23042014-AP-FR.PDF

Trois mois plus tard, fin mars 2014, il est passé à 96,8% du PIB, malgré les taux bas auxquels ce pays a pu emprunter sur les marchés et une croissance trimestrielle de 0,4% :

http://www.lesechos.fr/monde/europe/0203563030842-espagne-la-dette-publique-atteint-un-nouveau-record-historique-1012546.php

L’Italie a fini l’année 2013 avec une montagne de dettes de 2 069,216 milliards d’euros à 132,6% du PIB. Fin avril 2014, 4 mois plus tard donc, la montagne de dettes est passée à 2.146,4 milliards d’euros, soit 77,184 milliards d’euros de plus au compteur, par rapport au PIB italien on doit être à 136% à peu près fin avril 2014. 

http://www.investireoggi.it/economia/il-debito-pubblico-italiano-cresce-ancora-vediamo-perche/?refresh_ce 

Si vous avez des États surendettés et à croissance bancale et qui doivent emprunter aux banques, il n’y a pas d’autre choix que les taux 0 et de la banque centrale et encore ce n’est pas suffisant. Le 10 ans italien ou espagnol devrait être quasiment 0 et pas à près de 3% vu la situation de ces pays pour qu’ils aient une chance de stopper la progression de leur endettement par rapport au PIB et même dans ce cas il n’est même pas certain qu’ils y arrivent pour diverses raisons. Il est vrai que les taux 0 obligent les investisseurs à acheter notamment des obligations d’États en faillite pour rechercher du rendement. C’est tout le système qu’il faut revoir de fond en comble, et notamment les modalités de financement des États. 



Palmarès