Katherine,
J’ai ressenti également l’immense gâchis que fut la guerre de 14 où il
fut l’un des premiers tués, et de toute façon, le gâchis de toutes les
guerres et de la destruction.
Alain Fournier avait deux ans de plus que mon père, c’est à dire que mon père aussi partit à la guerre en 1916, il avait 18 ans.
Certes, il n’avait pas le talent poétique de l’écrivain, mais contrairement à lui, il était pacifiste.
Le hasard voulu donc qu’il fut à l’arrière des lignes et qu’il exerça le métier de télégraphiste. Moins glorieux mais pacifiste.
Je veux dire par là qu’en cette fin de 19e siècle et au début du 20e le monde européen était bien malade et les hommes comme Jaurès, les pacifistes, n’étaient pas majoritaires.
Ainsi Alain Fournier, Charles Péguy et hélas beaucoup d’autres étaient des têtes folles, prêts à en découdre avec le « boche ».
Des artistes, incontestablement, mais des revanchards, des illuminés. Les journalistes et écrivains comme Zola, et son célèbre « j’accuse » et Rainer Maria rilke "A l’Ouest rien de nouveau, côté autrichien, se comptaient sur les doigts de la main en cette période maudite.
Lettres à un jeune poète de
Rainer Maria Rilke
Aimer, c’est devenir un monde, un monde en soi pour quelqu’un d’autre.
Esprit pacifiste s’il en est un.
Quant aux politiques, majoritairement des damnés de part et d’autre du Rhin. Aujourd’hui encore on commémore au lieu de vraiment chercher et glorifier la paix.
Et pourtant les consciences ont évolué, mais comme Thanatos est toujours maître en son antre, tout est possible...la preuve nous vivons sur une poudrière.