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Laurent Simon 29 juillet 2014 17:07

" « il serait bon que l’ultrakeynesinisme ne soit plus enseigné à l’école. »

C’est bien ce que je dis, on a à faire à un censeur. Qui veut bourrer les cranes de nos gamins dès l’école de ses théories ultra libérales.« 

Si j’ai utilisé le terme ultrakeynesinisme, c’est que je ne me reconnais ni dans cette approche, ni dans l’ultralibéralisme. A quel endroit aurais-je mentionné quelque chose qui fasse penser à l’ultralibéralisme ?

De la nuance, que diable ! Mais évidemment, cet article, et les autres du même acabit, sont pétris de manichéisme, de simplisme, et parler de nuance, c’est beaucoup demander à leurs auteurs. Pour rester dans le gag, il y a 30 ans les prévisions météo étaient accusées de peu de fiabilité. Et la plaisanterie était de dire que faire la prévision opposée aurait plus de chance de se réaliser... sauf que justement la réalité ne cadre pas avec ce simplisme de blanc ou noir, beau temps ou mauvais temps, etc.

Pour la »censure" : il ne s’agit pas de censurer, ni de bourrer le crâne, mais de faire une véritable éducation économique. Ce qui signifie qu’on ne donne pas dans le simplisme, qu’on présente des théories différentes, correctement.

"Du reste, je veux bien poursuivre la discussion, mais il faudrait pour cela plutot que de verser dans l’anathème et la proclamation de vos croyance religieuses que vous nous régaliez de vos analyses célestes. Un inculte en économie (vous ne me connaissez pas, et je dois vous dire que je me sens insulté par votre propos) va s’en régaler."

Lisez mes réactions, sur les différents articles, et vous aurez déjà pas mal d’infos. Quand je fais des réponses, j’essaie de donner des éléments sérieux.

"Deux choses :
Cet article explique l’effet de l’adhésion de la croatie sur son économie. Il fait un constat implacable de l’action de l’UE et le confronte à vos promesses
« 

Il ne démontre rien du tout, il énonce des faits (supposés, sans aucune référence, au passage), mais ne montre pas de lien de causalité (voir mon autre réponse, à l’instant)

 »(mais si il faut toujours plus d’UE car si on arrete de pédaler on tombe... le problème c’est que si on continue on s’enfonce toujours plus dans la merde !)"

Cette remarque de ma part signifie que l’édifice européen tel qu’il est actuellement est incomplet, et que ses failles et insuffisances ont créé des dommages conséquents, c’est certain. Et qu’il faut continuer à améliorer l’édifice, sinon cela pourrait nous péter à la gueule une fois de plus.

Cela ne veut pas dire que je dis que l’entrée de la Croatie dans l’UE était forcément une bonne idée, en fait je n’en sais rien du tout (et ce n’est malheureusement pas sur la seule base de cet article que je suis suffisamment avancé pour le savoir). Voyez, vous en avez probablement lu trop vite ce que j’écrivais ; j’ai juste dit que ce que vous dites n’est pas une preuve, en quoi que ce soit.

"Je reprends ce qu’écrit l’article et vous allez donc nous expliquer.
Promesse lors de l’adhésion. retour de la croissance, la baisse du chômage, les investisseurs étrangers devaient affluer dans tout le pays, la « solidarité » européenne devait par l’intermédiaire des fonds structurels soutenir les investissements…
Résultat ; demande intérieur s’est effondrée, inflation négative, et la croatie ne peut - comme les autres pays de la zone euro - jouer sur sa monnaie
investissement public à l’arret en raison de la procédure « deficit public excessif » de l’UE
dans le même temps, pour répondre aux exigences de bruxelles et francfort : augmentation de la TVA à 25%, coupe sombre dans les services publics. Exactement l’effet que produit l’UE partout.
La croatie ne touche que très peu de fond structurels.
Dans le même temps, la croatie a du brader son industrie (par exemple ses chantiers navals qui ferment les uns après les autres alors que c’était une force) son agriculture plonge, et tout ce que l’UE permet à la croatie c’est le tout tourisme en s’appuyant sur les bas salaires.

Voilà, cela c’est des faits.« 

Il est possible que les promesses ont été trop fortes, je ne peux l’exclure, mais en fait je n’en sais rien. Et je n’ai pas le temps de voir ce qu’il en est.

Exemple de ’fait’ : » la croatie a du brader son industrie (par exemple ses chantiers navals qui ferment les uns après les autres alors que c’était une force)« Je n’en sais rien, mais si c’était comme les anciens pays de l’Est (Pologne, Tchéquie, Allemagne de l’Est, par exemple), il n’y a pas eu énormément d’éléments récupérés de la situation ’soviétique’ alors que ces pays étaient persuadés que c’était une force. Le processus a été long, mais maintenant ces industries, avec de l’investissement occidental en particulier, ont pu repartir sur de bien meilleures bases. Je ne dis pas cela a été joyeux, je constate que cela fonctionne après un certain nombre d’années, après une »casse" évidente, mais malheureusement inévitable.

"pour le reste, la politique de baisse des salaires (ou pour parler « savamment » comme vous de « compression du cout du travail pour améliorer la compétitivité ») est bien au centre du projet économique de l’UE et de l’euro.« 

La recherche de compétitivité n’est pas une spécificité de l’UE, elle est incontournable, que vous le vouliez ou non. Les socialistes au gouvernement, après avoir clamé pendant 10 ans (de droite au pouvoir) que ce n’était pas nécessaire, constatent à leur tour à quel point c’est absolument nécessaire.

 »C’est d’ailleurs le mandat de la BCE qui a pour but non pas de favoriser la croissance mais uniquement la stabilité des prix, c’est à dire de garantir la rente.« 

NON, là vous dérivez totalement ! Il ne s’agit en aucune manière de garantir la rente, d’ailleurs si vous connaissiez un peu mieux les th_ses libérales, vous sauriez que justement la rente n’est pas en odeur de sainteté !

 »Et ce n’est pas pour rien que la Commission vient d’exiger de la France qu’elle revoie son SMIC, notamment avec à nouveau le serpent de mer d’un smic jeune« 

Là cela renvoie au problème du chômage en France, et si un Pascal Lamy a récemment défendu cette idée, pas de gaieté de coeur d’ailleurs, c’est qu’il y a une situation des jeunes à prendre en compte absolument.

 »Dernière chose, non je ne suis pas pour de l’ultra keynesianisme. Je ne crois pas à la réformette du système. Je pense qu’il faut le changer.
Il faut sortir du tout marché et socialiser les moyens de production. Démocratiquement, nous déciderons ensuite tous ensemble de quoi produire, comment, avec qui et de la répartition des bénéfices et de leurs utilisations.
« 

Je n’espère pas (malheureusement) que vous vous débarrassiez de vos thèses marxistes, qui n’ont marché nulle part. Mais à toute fin utile, sur l’articulation du global et du local, regardez donc »Il nous faudrait une bonne guerre" qui passait hier (28 juillet) vers 15h sur France 5. C’était excellent !

"Vous nous parlez de contexte difficile, mais sachez que si les salaires baissent, les fortunes de l’oligarchie capitaliste ont progressé de 15% cette année. Pas la crise pour tout le monde !« 

C’est vrai que ce n’est pas la crise pour tous. Mais dans cette économie globalisée, je ne vois pas de moyen rapide et très efficace, sans effet important sur l’économie, qui puisse y remédier.

 »Il y a d’ores et déjà suffisamment de richesse dans le monde pour que plus un enfant ne meurt de faim. Et pourtant c’est des centaines de millions qui vont continuer à mourir chaque année."

Ceci est une vraie question, mais j’avoue que je ne connais pas de solution évidente. La taxe Tobin est un début, mais avec les taux actuels cela n’aura pas un ’rendement’ économique énorme. Mais ce dont je suis absolument sûr, c’est que ce n’est pas les ’recettes’ de l’économie dirigée qui résoudront ce problème, puisque partout où elles ont été essayées, on a constaté un appauvrissement de la population !



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