Merci de votre attention.
De ma place, je dénie simplement que je puisse penser librement (en
politique s’entend) sans prendre parti aux côtés des travailleurs.
Appelons cela la liberté prolétarienne, ou matérialiste, etc. Et cette
liberté est dynamique, critique : je la construis. C’est dans cette
construction que réside ma liberté de penser. C’est une thèse : on
l’accepte ou on la récuse.
Si j’étais dans la classe de ceux qui détiennent le pouvoir, ma
conception de la liberté de pensée serait certainement tout autre, et il
faut bien admettre qu’avoir le pouvoir signifie aussi avoir celui de la
diffusion des idées.
Et que les idées forment un système qui s’appelle l’idéologie.
Le Manifeste du parti communiste est d’abord une critique de l’idéologie
bourgeoise la plus avancée de l’époque en histoire, qui discernait la
lutte des classes au cours de la Révolution par exemple, mais n’allait
pas jusqu’à l’appliquer au moment présent et à voir en la classe
prolétarienne la classe porteuse de l’avenir. Sauf en pratique, pour la
réprimer, comme le montrèrent les journées de juin 1848 en France dans
l’année qui suivit la parution du texte.
Le Capital de K. Marx porte pour titre original : Das Kapital. Kritik der politischen Ökonomie
De quelle économie politique l’œuvre est-elle donc la critique ?
Il suffit de s’y plonger pour voir qu’il s’agit des économistes
bourgeois, aussi bien du passé, qui lui offrirent pourtant nombre de
concepts, mais aussi des contemporains qu’elle fustige avec une verve
délicieuse.
Dans la société comme dans la nature toutes les formes intermédiaires
existent : entre le parti des prolétaires conscients et celui des
capitalistes conscients, il existe une masse indénombrable qui du fait
de l’état de la société se trouve nécessairement imprégnée des idées de
la classe dominante et qui de ce fait ne peut absolument se réclamer de
la liberté, quelles que soient les illusions qu’elle se fasse à cet
égard.