@ Emile
A l’époque d’Abraham, l’empire hourrite du Mitanni n’existait pas encore. C’est précisément Ebla qui dominait la Haute-Mésopotamie. Donc plutôt une alliance entre Ebla et l’Egypte à cette période.
Les Hittites sont dominants mais si Abraham les avaient affrontés, je ne vois pas pourquoi l’auteur de la Genèse l’aurait omis. Je pense plutôt à une « paix armée » entre Egyptiens, Hittites et Ebla en Canaan.
« Sephora, c’est une troupe militaire que Moïse a levée en pays de Madian. Pas de caravanes marchandes. Je ne me représente pas, à cette époque, une situation sécurisée où des caravanes pourraient circuler et faire du commerce. »
C’est pour cela que je propose de voir dans les personnages masculins les troupes chargées de leur protection. Le commerce existait, on retrouve des produits égyptiens jusqu’à Uruk et vice-versa. Je pense même qu’au départ le terme « hapiru » désignait les commerçants nomades assurant la liaison entre Canaan et l’Euphrate.
« Et encore mieux, il est bien écrit, textuellement, en clair, que, dans son dispositif, Jacob place Léa derrière, donc en deuxième ligne (Gn 33, 2)... Léa troupe militaire. Je n’invente rien. »
Et pourtant, ce sont bel et bien Jacob et Esaü qui s’« embrassent ». Léa est en deuxième ligne comme l’étaient les femmes et les chariots des Helvètes lors de leur bataille contre César.
« Dans la symbolique biblique, les bergers dont des chefs militaires, ici ceux de Jethro le Madianite. »
Et je l’entends bien ainsi, le gros des troupes « plébéiennes » sont symbolisées à mon sens par les animaux. Les personnages masculins désignent les aristocrates sans doute montés sur des chars. Nous avions eu une discussion sur le sens à donner au terme « homme » dans des textes égyptiens où les effectifs déployés en Canaan apparaissaient particulièrement faibles et s’il ne fallait pas voir derrière chaque « homme » un aristocrate à la tête d’une unité.
« Dans votre optique, ne pensez-vous pas que le récit biblique ne perde toute sa saveur et sa cohérence ? Promesse de la terre promise à conquérir, Israël peuple guerrier etc... »
Au contraire, cela permet d’intégrer au récit l’ensemble de la population de la région. Si on se limite aux militaires, on oublie plus de 90% de la population.