Cet article soft avait pour thème la souffrance animale de l’élevage industriel à l’abattage industriel.
Parfois, c’est ressenti comme une agression et la réalité est niée. Dans ce cas, est-il nécessaire d’insister ? Tirer sur cette corde, la casse chez les émotifs...
Ceux qui sortent la tête du sable, se renseignent et tirent les mêmes conclusions que tout le monde (végétarien, pas végétarien) : « c’est dégueulasse ce qu’on fait aux animaux ».
Cela n’empêche pas la plupart d’aller au Mac Do ensuite... Pas de quoi sauter au plafond ! Après avoir vu les gosses de Gaza étendus par terre, on se dit que les poussins broyés, c’est un moindre mal par rapport à tout ce qu’on fait subir à nos propres frères humains...
On relativise, on s’immobilise. Croyant être impuissant en tout, on ne change rien surtout !
Pourtant la conclusion fort modérée de l’auteur invitait à réfléchir sur nos valeurs et proposait juste d’éviter d’acheter en provenance de l’élevage intensif.
Oups.. le bug ! Haro sur les fachos, il faut se défendre d’être un suppôt d’Hitler. Est-il utile cette fois de redire qu’il avait interdit les organisations végétariennes et mis au trou leurs dirigeants ? Doit-on ergoter sur le nombre de saucisses qu’il avalait ?
On se moque de savoir si le taré des alpages autrichiens était végétarien ou pas. Il est plus intéressant de s’arrêter à la signification de cette accusation (toujours la même).
Hitler avait rationalisé l’abattage des êtres humains, les camps où on les entassait, ressemblent étrangement à l’élevage agro-industriel d’aujourd’hui. Les mangeurs de charogne sont mal à l’aise avec cette analogie qui s’impose à eux lorsqu’ils visionnent l’intolérable. Alors il faut inverser la charge de la preuve. Ceux qui pensent s’emporter contre le soi-disant fascisme des végétariens, n’ont pas envie de regarder en fait leur propre image dans le miroir. En se servant d’Hitler, ils se soustraient à une seule accusation, celle qu’ils se font à eux-mêmes parce qu’en fait, ils sont bien libres de leur choix lorsqu’ils se mettent à table.
Leur message décodé se résume à : « vous les végétariens, vous vous croyez supérieurs, vous nous donnez des leçons mais c’est vous les salauds et pas nous, la preuve Hitler gnagnagna... ».
Voilà pourquoi, ils n’évoqueront jamais Gandhi, Théodore Monod, Léonard de Vinci, Abraham Lincoln etc. il faut donner une image déplorable du végétarisme/végétalisme pour pouvoir se supporter...
Les plus critiques sont bien les plus...émotifs !
(Et tant que l’humain reste sensible, rien n’est perdu...
)
De fait, si on collait la vraie photo de l’animal
sur la barquette de viande ou la boite d’œufs, est-ce que tout le monde ne
finirait pas par se détourner ?
Certainement car nous avons tous
un cœur !
Oui mais…
Qu’on améliore ses conditions de vie (néanmoins
courte), qu’on le tue en le shootant doucement avec du Mozart en fond sonore, qu’est-ce
que ça change ?
Rien, on tue toujours ! Qu’est-ce qui
justifie qu’on tue ?
Les dessins sur les grottes représentant
des scènes de chasse ?
Cela fait si longtemps que nous ne sommes
plus végétariens qu’on a oublié qu’il n’était pas indispensable pour notre
santé de manger des produits d’origine animale.
Le bœuf bourguignon de maman qui est délicieux ?
Juste une histoire de culture. C’est pourquoi nous aimons
notre chien et refusons de le bouffer tandis que d’autres l’apprécient dans la
casserole.
La pyramide alimentaire concoctée par
l’agro-industrie ?
Tant que le rôti se mange le dimanche et
non tous les jours de la semaine, c’est contrôlable. Au-delà, cela entraîne la
famine (7kg de céréales sont nécessaires pour produire 1 kg de bœuf), des guerres, des
dégâts sur l’environnement (on connaît, on ne va pas détailler), et dans les
pays riches, le mythe des protéines conduit à une dégradation phénoménale de la santé.
Une autre plus belle pour certains :
“L’homme a peu de chance de cesser d’être un tortionnaire pour l’homme, tant qu’il continuera à apprendre sur la bête son métier de bourreau”.
(Marguerite Yourcenar)