JL,
Je vais essayer d’etre plus compréhensible, mais dans les limites que nous permettent internet, car normalement pour transmettre quelque chose à quelqu’un dans ce domaine la présence physique est requise. C’est que ces choses là passent par le corps.
Disons que le problème principal dans la vie est celui de la souffrance : c’est elle qui nous limite dans les aspirations les plus hautes que nous avons. Tous les obstacles que nous rencontrons à leur achèvements ressortent de la souffrance : un alpiniste qui escalade un sommet doit vaincre le froid, la fatigue. Il en est de même pour notre vie quotidienne, où les éléments qui empêchent notre énergie de se déployer librement et nous détournent de nos objectifs (peurs, désirs) sont liés à la souffrance (peur de souffrir, ou désir servant d’échappatoire à la souffrance). Le bouddhisme prétend que si nous sommes ainsi sous le joug de la souffrance et que nous lui laissons prendre cette emprise sur notre vie, c’est que nous sommes attachés à un « moi » qui sépare le monde extérieur du monde intérieur, le sujet et l’objet. Nous tenons à notre « moi » et le prenons pour notre être réel car il nous permet d’avoir un contrôle sur les choses : en prenant de la distance par rapport au monde je peux le rationaliser et l’analyser. En revanche cet attachement nous emprisonne dans un cycle sans fin de souffrance car nos actions sont entravés par les désirs et les peurs, qui so,t des manifestations du « moi » qui cherche à se conserver. Le moyen de se libérer de la souffrance est donc de se détacher de ce « moi » en réalisant sa nature illusoire et impermanente. Ce « moi », soumis au changement perpétuel, n’est que le produit de circonstances fortuites et n’a pas d’êtrz réel. Se débarrasser de ce moi revient à annuler la distinction sujet-objet. Dans la vie normale, quand vous voyez la mer, vous entendez un commentaire intérieur qui dit « je vois la mer », ou « c’est beau », quand ce n’est pas carrément « qu’est-ce que je vais bien pouvoir manger ce soir ? ». Autrement dit, votre expérience n’est jamais pure, il y a toujours votre mental qui la parasite et vous empêche de vivre exactement dans le moment présent. C’est la raison pour laquelle beaucoup de gens trouvent que le temps passe vite. N’étant jamais dans le présent, mais se projetant toujours dans le futur ou pensant au passé, ils laissent le présent filer. Si nous vivons une expérience pure, où nous sommes 100% présent dans l’instant, ce problème disparaît, car alors nous nous reconnectons à la seule chose qui existe, et qui est ce mystérizux moment présent, qui ne cesse jamais d’être présent, et qui de ce fait est éternel, et qui est en fait la seule chose qui existe réellement. Il n’y a plus de mental qui vient filtrer l’expérience que nous vivons, la distinction sujet-objet est abolie, de même que toutes les autrse dualités, qui sont des productions de notre mental. Cet état est l’expérience de Dieu, ou Illumination. A ce niveau là, .a question de la preuve de l’existence de Dieu n’a même plus lieu d’être, car c’est une création du mental.