On ne va pas demander aux Français de connaître l’histoire du pays voisin mais voici dans notre/votre langue (je suis « à moitié » espagnole olé… ah non ça ne se dit plus – alors je suis à moitié andalouse olé), un bref aperçu qui rend bien compte d’une réalité moins glorieuse :
« Pendant toute la première moitié du siècle l’industrie espagnole est en fait une industrie catalane. Les industriels catalans réclament de l’État espagnol des mesures de protection pour les produits. Mais l’État et la politique sont dirigés par les représentants de l’aristocratie terrienne, des militaires, des fonctionnaires, des spéculateurs issus d’un capitalisme encore purement marchand ou bancaire. Au protectionnisme que réclament les Catalans s’opposent les marchands de Cadix, les importateurs de produits manufacturés et d’articles de luxe, les exportateurs de laine, de minerais, de grains, intéressés par le libre-échange pour lequel l’Angleterre fait campagne, de son côté. Plus le temps passe et plus les différences s’accusent entre la Catalogne et le reste du pays. De 1820 à 1885, les dirigeants de l’industrie catalane, qui ont conquis le marché national espagnol, aspirent, sans y parvenir, à prendre la tête de la nation espagnole. « L’Espagne est la nation ; la Catalogne est la patrie », disaient les romantiques ; à la fin du siècle, on dira, à peu près : la Catalogne est la nation ; l’Espagne est l’État. On a passé de la petite patrie à l’idée de nation et bientôt cette nation exigera d’avoir son État.
Le nationalisme catalan prend forme entre 1885 et 1917.
Une bourgeoisie industrielle aspire à disposer d’un État, et, se voyant refuser la direction de l’État espagnol lui-même, se replie sur l’exigence d’une organisation (..) »
https://histoiredespagne.wordpress.com/author/ruerepublique/page/3/
Je peux raconter la suite de cette bourgeoisie industrielle devenue banquière etc. mais l’important ici, est juste de démystifier quelques contes sur la droite chrétienne socialiste engouffrée dans la catalanisme. Je ne m’étendrai pas sur « les différents épisodes de statut républicain », disons que pour le courant catalaniste (je ne parle pas de la Catalogne courageuse), il y avait plusieurs sortes de républicains quand même… Ceux qui se sont ensuite battus jusqu’au bout, n’ont jamais été dans leurs petits papiers et finalement Franco, a bien aidé à s’en débarrasser. N’ont vécu sous Franco que ceux qui ont enfilé leurs pantoufles… Avec la bénédiction des catalanistes, les autres ont été tués ou se sont exilés. Leurs descendants n’ont pas la mémoire courte, et savent qui est qui et qui a fait quoi… mon grand-père maternel est dans une fosse de Lérida !
« Si l’anti-franquisme est à même de jouer un rôle fédérateur, il ne s’articule pas nécessairement au catalanisme : la greffe a lieu au cours des années 1960 parce que le catalanisme a choisi d’enfourcher le cheval de bataille de la démocratisation du pays. En 1966, une plate-forme de combat réunit toutes les forces politiques antifranquistes sous la bannière d’un catalanisme rénové. En ayant changé de contenu, le catalanisme a su épouser la cause démocratique et s’est sauvé : c’est dire qu’on ne peut impunément assigner au catalanisme un contenu politique précis mais qu’il faut plutôt y voir un cadre stable dans lequel toute expression politique est amenée à s’exprimer. Une opération habile a consisté à faire du catalanisme une victime du régime alors même qu’une partie des catalanistes avait fait le choix de favoriser Franco. La répression culturelle sauvage dont la culture catalane était l’objet permit certainement de renforcer cette lecture : en effet, les catalanistes revendiquent le monopole de la totalité des expressions culturelles en Catalogne. Cette prétention, qui est infondée, – il existe bien d’autres expressions de la culture catalane qui ne s’inscrivent pas dans le cadre catalaniste, notamment la culture anarchiste ! –, est toutefois acceptée par une majorité qui finit par confondre « catalaniste » et « catalan ». Ainsi, la mue du catalanisme s’apparente à un coup de bluff réussi qui permet aux catalanistes de s’afficher en représentants naturels de la communauté attaquée par un régime forcément étranger aux traditions locales. Le diable est à Madrid. »
http://www.laviedesidees.fr/Catalanisme-histoire-d-un-concept.html
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