Je comprends vos « réticences », mais je pense vraiment qu’elles n’ont plus lieu d’être.
Nous
avons une grosse littérature africaines et caribéennes tournées vers le
souvenir de l’esclavage et des colonisations jusque dans les années 80,
ce qui est plutôt normal vu les traumatismes.
Mais depuis, à la
louche, les années 90, il y a une énorme richesse et un vrai éclectisme
dans les sujets qu’abordent les auteurs des Afriques. Ils sont déjà plus
contemporain car ils veulent parler plus à ceux d’aujourd’hui.
Personnellement,
je ne pourrai jamais me targuer de « connaitre l’Afrique » mais le roman
me permet de découvrir aussi bien l’Ouganda, la Namibie, La
Sierra-Léone ; d’hier mais surtout d’aujourd’hui à travers les récits de
vie.
Et puis, évidemment, « leS AfriqueS » englobent aujourd’hui
les africains d’Europe qui, eux également, ont des histoires à raconter.
Évidemment, des histoires de banlieues, de discriminations et
d’immigration mais aussi des vies de combat pour la réussite et
simplement l’amour 
D’un point de vue du style aussi beaucoup
de choses ont changé par rapport à nos « anciens ». Quand beaucoup
d’auteur francophones des années 60-80 se faisaient une religion de
respecter les « codes » de la littérature dite « française » (à la Zemmour :
« si on n’écrit pas comme Hugo, ce n’est pas de la littérature », pour
caricaturer) , aujourd’hui ces codes là ont volé en éclat. Le français
est une langue mondial et les auteurs se la sont appropriés. Les styles
sont aujourd’hui vraiment différents. Certains livres ne sont
« africains » que parce que écrits par des hommes noirs quand d’autres ont
de très forts marqueurs culturels africains ou Caraïbéens.
Bref, vous l’avez compris, je prêche pour ma paroisse remplie de bénédiction 