Addenda
Tout en étant un adversaire irréconciliable de la religion, je peux
reconnaître la dualité paradoxale du phénomène : son rôle dans la
sacralisation de l’ordre établi, mais aussi, selon les cas, son rôle
critique, protestataire et même révolutionnaire.
Pour illustrer ce deuxième aspect de la religion, il suffit de
rappeler ce que furent le christianisme primitif, les hérésies
médiévales et la guerre des paysans allemands au XVIe siècle, ainsi que
le puritanisme anglais révolutionnaire du XVIIe siècle.
Et dans l’histoire moderne ou contemporaine, il ne faut pas négliger
la résurrection possible de la religion comme idéologie et culture d’un
mouvement anti-capitaliste révolutionnaire comme celui de la gauche
chrétienne des années 30 aux années 70, et celle, latino-américaine
(théologie de la libération), des années 60 à nos jours.
Ce qui est tragique aujourd’hui, c’est le dévoiement actuel de
l’islamisme radical qui aurait pu jouer un tout autre rôle dans sa
contestation de l’impérialisme.